DISTILLERIE
Cotswolds
Fondée en 2014 par Daniel Szor à Stourton, dans le Warwickshire, la distillerie des Cotswolds transforme une orge cultivée sur place en whisky de malt. Son histoire, ses fûts STR, sa gamme de single malts et sa cream liqueur, disponible chez Trinquay.
Il y a une génération, personne n'aurait pensé chercher un whisky de malt entre le Gloucestershire et le Warwickshire. C'est pourtant là, au milieu des collines de pierre blonde des Cotswolds, qu'une distillerie fondée en 2014 est devenue en dix ans une référence. Trinquay en propose la cream liqueur, la bouteille la plus gourmande de la maison.
Cotswolds, la distillerie de whisky de malt née en 2014 dans le Warwickshire
La maison est jeune, mais son projet a été pensé long dès le premier jour : produire un whisky de malt à partir d'une céréale cultivée sur place, avec des méthodes empruntées aux meilleures distilleries écossaises.
Daniel Szor, de la finance aux alambics des Cotswolds
Daniel Szor, financier américain venu s'installer dans la région, crée la distillerie en 2014 en partant d'un constat qui l'agaçait : les collines des Cotswolds livraient une orge de brasserie et de distillerie très demandée, aussitôt expédiée ailleurs, sans que personne ne la travaille sur place. Son projet tient en une ligne : rapprocher l'alambic de la parcelle plutôt que l'inverse. Le projet a depuis attiré des partenaires solides, la maison de vins et spiritueux Berry Bros. & Rudd étant entrée à son capital de façon minoritaire en 2023.
Stourton et Shipston-on-Stour, le site de la distillerie dans le Warwickshire
Tout se passe dans le hameau de Stourton, à quelques minutes de Shipston-on-Stour, côté Warwickshire, là où les Cotswolds s'achèvent au nord. Alambics, chais de maturation et parcours de visite cohabitent sur la même parcelle, ce dernier ayant été récompensé dès 2016 comme meilleur circuit de distillerie du pays. Il reçoit aujourd'hui plus de cent mille visiteurs par an, ce qui en fait autant une destination qu'un outil de production, et explique la part importante de ventes réalisées en direct.
Le gin qui a financé l'attente du single malt
Un whisky ne se vend pas avant plusieurs années de fût. Pour tenir cette attente, la maison distille du gin dès l'ouverture : élaboré au genièvre, à la coriandre et à des botaniques ramassées dans la région, il génère la trésorerie que le malt ne peut pas encore fournir. La stratégie est devenue classique chez les jeunes distilleries, mais rares sont celles qui l'ont menée avec autant de constance : le gin des Cotswolds est aujourd'hui une gamme à part entière, pas un produit d'attente.
L'orge des Cotswolds, du champ au moût
La maison a fait de la matière première son argument principal. Chez elle, l'origine de la céréale n'est pas un habillage marketing : c'est le point de départ du profil aromatique.
Une orge cultivée sur place et maltée en petits lots
Les sols calcaires et le climat tempéré des Cotswolds produisent une orge de très bon niveau, longtemps envoyée aux brasseries anglaises et aux distilleries écossaises. La distillerie s'approvisionne localement et fait malter sa céréale en petits lots, ce qui lui permet de suivre le grain de la parcelle jusqu'au fût. Une collaboration menée en 2024 avec le domaine de Highgrove est allée plus loin encore, avec une orge patrimoniale Plumage Archer cultivée sur place.
Fermentations longues, brassage et wash
L'orge malté est concassé puis brassé à l'eau chaude pour extraire les sucres et obtenir le moût. Les levures le transforment ensuite en wash, une bière de distillerie à quelques degrés d'alcool. La maison conduit des fermentations longues, bien au-delà du strict nécessaire à la transformation du sucre : c'est pendant ces heures supplémentaires que se forment les esters fruités et les notes lactées qui donneront plus tard sa complexité au distillat.
La double distillation dans les alambics de la maison
Le site compte quatre alambics dédiés au whisky, pour une contenance cumulée d'environ 23 000 litres, et deux alambics plus petits réservés au gin. Le wash y subit une double distillation à la manière écossaise, avec une coupe soigneuse des têtes et des queues pour ne retenir que le cœur de chauffe. Conduite lentement, cette seconde chauffe privilégie la définition aromatique plutôt que le rendement. Le distillat qui en sort est net, céréalier, presque biscuité.
Les fûts et le vieillissement du malt chez Cotswolds
Un distillat sortant de l'alambic est incolore et sans boisé. Tout ce qu'on appellera ensuite vanille, caramel ou épice viendra du bois et du temps passé en chai.
Les fûts STR, marque de fabrique de la distillerie
La signature de la maison tient à l'usage massif de fûts dits STR : des barriques ayant contenu du vin rouge, rabotées, toastées puis brûlées à nouveau avant remplissage. Ce traitement réveille le chêne et lui redonne une capacité d'échange proche de celle d'un fût neuf, tout en conservant l'empreinte fruitée du vin. Il en résulte un malt coloré, dense, sur la cerise noire, la figue et le sucre roux, très reconnaissable dès la première gorgée.
Le chêne américain, le bourbon et le sherry
À côté des STR, la distillerie remplit des barriques de chêne américain ayant contenu du bourbon, qui apportent la vanille, la noix de coco et le caramel, ainsi que des fûts ayant hébergé du xérès oloroso ou Pedro Ximénez, plus sombres, sur les fruits secs et le chocolat. Ce parc de vieillissement varié permet de décliner un même distillat en plusieurs lectures, sans changer une ligne de la recette de départ.
Les chais et la maturation sous climat anglais
Le climat compte autant que le chêne. Les chais du centre de l'Angleterre connaissent des amplitudes de température plus marquées que les chais côtiers écossais, ce qui accélère les échanges entre le liquide et le bois : la maturation y va plus vite, avec une part des anges plus généreuse. C'est l'une des raisons pour lesquelles les whiskies de la maison paraissent souvent plus mûrs que leur âge ne le laisse supposer.
Les single malts et les autres spiritueux de la maison Cotswolds
En une décennie, la distillerie a bâti une gamme complète, du gin aux liqueurs en passant par plusieurs embouteillages de whisky de malt qui ont fait sa réputation.
Le Signature, single malt vieilli en fûts de vin rouge
Le Signature est le vaisseau amiral : un single malt élevé principalement en fûts STR ex-vin rouge, sur la cerise, l'orange sanguine, la vanille et une trame céréalière nette. C'est la bouteille qui a fait connaître la maison et qui reste la meilleure introduction à son travail. Depuis 2025, la distillerie est présentée comme le premier producteur de whisky de malt d'Angleterre en volume, ce qui donne une idée du chemin parcouru depuis les premiers fûts.
Founder's Choice, le whisky brut de fût du fondateur
Le Founder's Choice est la version sans concession de la même idée : un embouteillage brut de fût, non réduit, issu d'orge cultivée localement et maltée à l'ancienne, élevé exclusivement en fûts STR. Le degré d'alcool élevé concentre tout (le fruit noir, l'épice, le chêne toasté) et supporte volontiers quelques gouttes d'eau. C'est la bouteille que les amateurs de dégustation comparative recherchent, et le choix personnel du fondateur, comme son nom l'indique.
Peated Cask, Sherry Cask et éditions limitées
La collection s'élargit avec un Peated Cask affiné dans des quarter casks ayant contenu du whisky tourbé, qui apporte la fumée sans jamais dominer, un Sherry Cask travaillé sur des fûts d'oloroso et de Pedro Ximénez, et un Bourbon Cask élevé en premier remplissage de chêne américain. S'y ajoutent les éditions limitées de la série Hearts & Crafts, où la maison expérimente sur des lots restreints, ainsi que des embouteillages de collection.
Les gins au genièvre et la série Wildflower
Le gin de la maison se décline en version sèche, en Old Tom plus rond, en Hedgerow inspiré des haies de la région, sans oublier la série Wildflower et un Summer Cup destiné aux cocktails d'été. Les botaniques sont infusées puis distillées, dans une logique de macération et de chauffe qui rappelle celle du whisky. La maison produit également des amers de type amaro et une petite famille de liqueurs.
Cotswolds parmi les spiritueux
Pour situer la maison, il faut la comparer. Voici où se place son whisky de malt parmi les grandes familles d'alcools distillés, d'eaux-de-vie et de liqueurs.
Whisky de malt, scotch whisky et whiskey irlandais
Un single malt est un whisky d'orge maltée produit dans une seule distillerie, par opposition au blended whisky qui assemble plusieurs malts avec du whisky de grain. Le scotch whisky d'Écosse, des Highlands aux îles, impose ses codes depuis deux siècles et sert de référence technique à la plupart des jeunes producteurs. Le whiskey irlandais, souvent triplement distillé, joue une carte plus douce, tandis que les whiskies du monde revendiquent chacun leur céréale et leur climat.
Le bourbon, le seigle et les whiskies du monde
Le bourbon américain repose principalement sur le maïs et doit vieillir en fûts de chêne neufs fortement brûlés, d'où sa puissance vanillée et caramélisée. Le rye, à base de seigle, apporte au contraire du poivre et une sécheresse épicée. Ces barriques, une fois vidées, alimentent les chais européens : sans le bourbon, le parc de fûts des distilleries écossaises et anglaises n'existerait pas sous sa forme actuelle. Les whiskies japonais et bretons, eux, ont bâti leur identité sur des levures et des bois différents.
Le rhum, la vodka et les eaux-de-vie de fruits
La distillation obéit partout au même principe, seule la matière première change. Le rhum naît de la canne à sucre, du blanc agricole au rhum vieux longuement élevé en fût. La vodka, distillée à partir de céréales ou de pommes de terre, est rectifiée jusqu'à tendre vers l'alcool neutre. Les eaux-de-vie de fruits (poire williams, kirsch, mirabelle, marc de raisin) sont issues d'un fruit fermenté puis distillé, et se boivent le plus souvent blanches, sans passage en chêne.
Les liqueurs, les amers et les alcools de plantes
Les liqueurs forment une famille à part : un alcool aromatisé puis sucré, dont le règlement européen fixe les seuils. On y trouve les liqueurs de plantes comme la chartreuse ou la gentiane, les amers et amaros nés de la macération d'écorces et de racines, les crèmes de fruits, et les liqueurs à la crème construites sur un distillat de céréales. C'est dans cette dernière famille que se range la bouteille que nous proposons.
La Cotswolds Cream Liqueur, la bouteille que propose Trinquay
La cream liqueur de la maison est la référence Cotswolds disponible sur notre cave en ligne. Sa composition la distingue nettement des liqueurs à la crème les plus vendues.
L'eau-de-vie d'orge maltée de la maison plutôt qu'un alcool neutre
Sa base n'est pas achetée à l'extérieur : c'est l'eau-de-vie d'orge maltée de la maison, prélevée à la sortie de l'alambic, mariée à de la crème puis ramenée à 17 % vol. La nuance compte, car le gros de la catégorie se contente d'un alcool neutre acheté au litre. La céréale ne disparaît donc pas sous le gras : on la retrouve en pâte à biscuit derrière la vanille, le caramel au beurre et le fudge, avec une fin de bouche nettement moins collante que la moyenne.
Liqueur, crème de fruit, crème de cassis : ce que dit le règlement européen
Le vocabulaire mérite d'être clarifié, car il piège beaucoup d'amateurs. Une liqueur à la crème contient bel et bien de la crème laitière ; une « crème de » (crème de cassis, crème de pêche) n'en contient aucune, la mention désignant uniquement une teneur en sucre. Le règlement européen fixe le minimum d'une liqueur à 100 grammes de sucre par litre et 15 % vol, celui d'une crème de fruit à 250 grammes et celui de la crème de cassis à 400 grammes.
Boire la cream liqueur fraîche, au café ou sur un dessert
Gardez-la au réfrigérateur et comptez 5 cl dans un petit verre, ou deux gros glaçons au fond d'un verre à whisky : le froid tend la matière et laisse la céréale reprendre la main, là où une liqueur à température ambiante s'alourdit. En fin de repas, versée dans un café allongé à la place du sucre et du lait, sur une glace vanille ou un brownie encore tiède, elle n'a besoin d'aucune mise en scène. Une fois ouverte, elle se garde au frais et se boit dans les mois qui suivent. Chez Trinquay, le point relais est offert à partir de 100 euros de commande en France métropolitaine.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Ce qu'on nous demande sur cette distillerie
Par quelle bouteille commencer ?
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Une bouteille ouverte se garde combien de temps ?
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Peut-on panacher plusieurs bouteilles dans un colis ?
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.


