Un pastis tropézien élaboré à Marseille, où la réglisse et l'anis étoilé rencontrent la figue, la fleur d'oranger et l'amande, pour un anisé doux et peu sucré.
DISTILLERIE
Un pastis né d'un pari sur la place des Lices : la Maison Pastis 12/12 veut faire revivre le pastis tropézien des années 50, avec ses carafes illustrées, son bouchon cochonnet et sa touche d'amande. Découvrez l'histoire de cette maison de Saint-Tropez.
Sur la presqu'île de Saint-Tropez, le pastis a une histoire à lui, et la Maison Pastis 12/12 s'est donné pour objet de la remettre dans le verre. Derrière ce nom tiré du jeu de boules, on trouve une bande d'amis tropéziens, des bouteilles dessinées par un illustrateur de la presqu'île et une production confiée à une distillerie familiale de Marseille. Voici l'histoire de cette maison de pastis, et ce qu'il faut savoir pour déguster son Pastis 12/12, que Trinquay propose en bouteille de 70 cl titrée à 45 %.
La Maison Pastis 12/12 n'est pas une distillerie : c'est une marque, portée par la société Pastis 1212, installée à Saint-Tropez et créée en 2020. Son métier tient dans trois choix, une recette, un dessin et un distillateur, et chacun raconte un morceau du village.
Tout le monde associe le pastis à Marseille, berceau reconnu de cet apéritif anisé, et la maison ne le conteste pas. Elle revendique pourtant une autre filiation : celle du pastis tropézien des années 50.
Soixante-dix ans plus tard, la marque se donne pour mission de redonner vie à cette tradition locale, en respectant ce qui fait la singularité de la presqu'île. Son ambition est d'associer traditions et modernité : une boisson anisée de facture artisanale, ancrée dans le golfe de Saint-Tropez, mais habillée d'un dessin d'aujourd'hui.
L'aventure naît de l'amitié entre des entrepreneurs tropéziens et des spécialistes des spiritueux artisanaux. Le noyau compte sept amis d'enfance de Saint-Tropez, Jan, Alain, Hugues, Raph, Vincent, Tobias et Antoine, tous fins connaisseurs de pastis et boulistes amateurs. Leurs proches les rejoignent vite, financent la marque et en deviennent actionnaires.
Le point de départ est un pari lancé sur la place des Lices, à Saint-Tropez : relancer un pastis artisanal inspiré de la recette des anciens, et confier le dessin des bouteilles à un ami d'enfance devenu illustrateur.
Le nom de la maison vient d'une vieille expression de boulistes. Une partie de pétanque se joue en 13 points : quand les deux équipes sont à 12 partout, chacune n'a plus besoin que d'un point, et « 12/12 » annonce la boule de match pour les deux camps.
Une partie mémorable, place des Lices, s'est jouée au dernier point, après l'annonce lancée à voix haute : « 12/12, boule de match ! ». Le nom est resté. Il se lit donc comme un score : « 12/12 » ne désigne ni un format, ni un nombre de bouteilles, ni un nombre de plantes.
Un pastis tropézien élaboré à Marseille, où la réglisse et l'anis étoilé rencontrent la figue, la fleur d'oranger et l'amande, pour un anisé doux et peu sucré.
La maison résume son parti pris en une formule : marier objets vintage et design contemporain. Le flacon regarde vers le passé, le décor vers le présent, et le bouchon vers la partie de boules.
Pour dessiner ses bouteilles, la Maison Pastis 12/12 s'est inspirée des carafes de pastis en verre des années 50. Le choix n'a rien d'un hasard : il renvoie à la décennie du pastis tropézien que la marque fait revivre, et fait du contenant un rappel de cette époque.
Le pastis se sert ainsi depuis un flacon qui a l'allure d'une carafe, un objet que l'on pose sur la table de l'apéritif plutôt qu'une simple bouteille de spiritueux.
Les décors sont l'œuvre de Quentin Monge, Tropézien de cœur et ami d'enfance des fondateurs. Cet illustrateur est connu pour ses dessins minimalistes et poétiques, nourris par les étés de son enfance tropézienne et par un travail exigeant de la couleur.
Il signe les décors des carafes et des coffrets, qui mettent en scène les amis fondateurs dans leurs activités favorites sur la presqu'île. Ces illustrations changent d'une édition à l'autre : la maison a par exemple sorti une bouteille aux couleurs de Pampelonne, la plage de la presqu'île, accompagnée de mignonnettes de 5 cl. Le liquide, lui, reste le même pastis d'un décor à l'autre.
Dernier détail, et non le moindre pour une marque née de la pétanque : le bouchon. La maison en a fait une exclusivité à double usage. Il ferme le flacon, et il porte un cochonnet détachable, de quoi lancer une partie de boules avec la bouteille encore sur la table.
Le geste résume l'esprit de la Maison Pastis 12/12 : un objet de l'apéritif provençal, détourné vers le jeu qui a donné son nom à la marque. Pastis, carafe et cochonnet forment ainsi un tout, résumé par un mot : « pastis » signifie « mélange » en provençal, et la marque se veut le mélange de toutes ces histoires.
Une marque sans alambic doit trouver deux choses : une recette et un distillateur. La Maison Pastis 12/12 est allée chercher la première auprès des anciens du village, et le second à Marseille.
L'élaboration de la recette commence par une enquête auprès des anciens de Saint-Tropez. À l'époque préindustrielle, le pastis se préparait dans les arrière-cours des maisons. La base était partout la même, alcool neutre, anis et réglisse, et chaque foyer y ajoutait sa propre macération de plantes et d'épices cueillies dans les jardins et la garrigue du golfe.
Saint-Tropez y ajoute sa particularité : certains Italiens, arrivés au village au début du siècle dernier, ajoutaient parfois une goutte d'amaretto pour finir leur mélange. C'est cette goutte d'alcool d'amandes qui a inspiré, bien plus tard, la recette du Pastis 12/12. Sa macération réunit aujourd'hui trois ingrédients emblématiques de la région : la figue de Saint-Tropez, la fleur d'oranger et l'amande.
Le Pastis 12/12 est produit par la distillerie familiale Cristal Limiñana, l'une des rares distilleries encore en activité dans la cité phocéenne. La date de 1884 mérite une précision : c'est l'année où la maison Limiñana voit le jour, mais à Alger.
Son histoire commence à Alicante, en Espagne. Manuel Limiñana quitte son village à 12 ans pour rejoindre à Alger un cousin qui tient un bar, où les clients espagnols réclament la paloma, une boisson anisée. En 1884, il fonde sa maison et crée le Cristal Anis, une liqueur anisée transparente qui blanchit au contact de l'eau. La maison est aujourd'hui connue pour son pastis et son anisette. Son fils, prénommé Manuel lui aussi, reprend l'entreprise ; après l'indépendance de l'Algérie, en 1962, la famille traverse la Méditerranée et rachète à Marseille la Distillerie de la Méditerranée.
Toujours familiale, l'usine travaille dans Marseille intra-muros, dans le quartier Saint-Pierre. On y élabore pastis, boissons anisées, rhum, vodka, gin et liqueurs, sous le label « Fabriqué à Marseille ». C'est à ce distillateur marseillais que la maison tropézienne confie l'élaboration de son pastis.
La fabrication suit plusieurs étapes. La première est la distillation de la badiane, l'anis étoilé, dans des alambics à colonne. Viennent ensuite une série de macérations : des plantes et des épices choisies, séchées, puis mises à macérer dans un ordre précis pour en extraire leurs qualités aromatiques.
Une note d'amandes vient finir l'assemblage, en écho direct à la goutte d'amaretto des anciens. Cette succession de distillats et de macérations est filtrée plusieurs fois, puis ajustée pour atteindre un degré d'alcool de 45 %. La figue de Saint-Tropez et la fleur d'oranger figurent parmi ses plantes aromatiques, aux côtés de l'amande.
Chez Trinquay, la Maison Pastis 12/12 est représentée par une seule référence, le Pastis 12/12 en bouteille de 70 cl, titré à 45 %. Voici comment le déguster, du verre nature aux cocktails.
La robe est cuivrée, lumineuse et voilée. Au nez, le bouquet est puissant et riche de réglisse, d'anis étoilé et de fruits confits. En bouche, l'équilibre est beau, sur un pastis particulièrement doux qui garde son caractère méditerranéen.
La finale est fraîche et acidulée, avec de légères touches d'amande qui évoquent la mauresque. L'amande sert ainsi de fil conducteur à cette dégustation : on la retrouve dans le récit des anciens, dans l'assemblage, puis dans les dernières sensations en bouche.
Le dosage d'usage est d'une dose de pastis pour cinq volumes d'eau fraîche. À l'eau, le verre de pastis se trouble, comme tous les anisés : les huiles de l'anis, peu solubles une fois l'alcool dilué, donnent au verre son aspect laiteux. C'est le même phénomène qui fait blanchir le Cristal Anis de la distillerie.
Les glaçons sont affaire de goût : quelques-uns dans un verre haut, ou un pastis servi frais, sans glaçons, pour préserver ses arômes. Chacun choisit, puis ajuste la quantité d'eau à son goût.
La mauresque n'est pas un cocktail parmi d'autres : elle fait écho à la goutte d'amaretto des anciens. On la prépare avec du pastis et du sirop d'orgeat, allongés d'eau fraîche ; l'orgeat, sirop d'amande, prolonge alors la note amandée de la finale.
Le Pastis 12/12 se prête aussi aux deux autres classiques des comptoirs du Sud : le perroquet au sirop de menthe, pour une version verte, tout en fraîcheur, et la tomate au sirop de grenadine. Dans les trois cas, le principe reste celui du pastis nature : une base anisée, un sirop, puis de l'eau fraîche, à doser selon son goût.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.