Notre choixDomaine Rossignol-Février · Cuvée V Lima · 2023AOC Bourgogne
RECETTE
Viande fondante, petits légumes mijotés et sauce crémeuse au vin blanc : la fricassée de veau est un grand classique de la cuisine française qui réchauffe et rassemble. Découvrez comment réussir ce plat mijoté en cocotte, étape par étape, et quel vin de Bourgogne choisir pour sublimer chaque bouchée.
La fricassée de veau fait partie de ces recettes de terroir que l'on retrouve dans presque toutes les cuisines régionales françaises. Ni blanquette, ni sauté de veau, elle occupe une place à part dans le répertoire des viandes blanches mijotées : la viande y est d'abord dorée à feu vif avant d'être longuement cuite en cocotte, dans un bouillon parfumé qui va concentrer ses sucs et nourrir la garniture.
Ce plat mijoté incarne la cuisine du quotidien à son meilleur, celle qui prend le temps, qui réchauffe et qui rassemble. Il suffit d'un bon morceau de veau, de légumes frais et d'un fond de veau bien réalisé pour obtenir une assiette fondante, savoureuse et généreuse.
Tout part du choix de la viande. L'épaule, le tendron de veau ou le jarret de veau, découpés en cubes d'environ 5 cm, se prêtent admirablement à une cuisson douce et prolongée : ils fondent lentement dans la cocotte en fonte et libèrent toute leur tendreté au fil de la cuisson. L'essentiel est de choisir de la viande de veau fermier, dont la texture reste moelleuse même après un long mijotage à feu doux.
La garniture fait la personnalité d'une fricassée. Carottes coupées en rondelles, champignons de Paris émincés en lamelles, petits oignons grelots, navets et petits pois constituent la version classique. On peut aussi y glisser des poireaux en tronçons ou du céleri pour approfondir le bouquet aromatique. Le bouquet garni (thym, laurier, persil) est indispensable : il infuse doucement pendant tout le temps de cuisson et parfume le jus de cuisson sans le dominer.
La clé d'une fricassée réussie tient à deux choses : la coloration initiale à feu vif, qui fixe les sucs, et la patience lors du mijotage à feu très doux. Pour épaissir la sauce sans lourdeur, dissolvre une cuillère à café de maïzena dans un peu d'eau froide et l'incorporer avant la crème. Le jus de citron apporte l'acidité qui équilibre le gras de la crème fraîche et relève l'ensemble du plat.
La fricassée de veau se sert idéalement dans sa cocotte posée au centre de la table : c'est un plat convivial, fait pour être partagé. On l'accompagne volontiers de tagliatelles fraîches, d'une purée de pommes de terre maison ou d'un gratin de pommes de terre au four. Pour les amateurs, un peu de persil haché parsemé au dernier moment apporte de la fraîcheur et une belle note de vert qui tranche avec la robe crème dorée du plat.
Ce plat mijoté se réchauffe très bien le lendemain, avec une sauce encore plus concentrée et une viande encore plus fondante : prévoir une grande quantité ne sera jamais une erreur.
Face à un plat aussi généreux et structuré, le choix du vin mérite réflexion. La fricassée de veau aux petits légumes, avec son bouillon, sa crème et ses arômes herbacés, appelle un rouge souple, fruité et sans aspérités qui ne va pas écraser la viande blanche mais va l'accompagner avec élégance.
Le Domaine Felettig 2020, issu de l'appellation AOC Bourgogne, s'impose ici comme un accord de grande justesse. Ce Pinot Noir au profil souple et fruité, dont les tanins soyeux et la bouche ronde épousent parfaitement la tendreté du veau mijoté, dialogue admirablement avec les notes végétales des petits légumes et le côté crémeux de la sauce. Le millésime 2020, récolté dans une Bourgogne exceptionnelle, a développé un fruit mûr et net qui prolonge en bouche les arômes du bouquet garni. Ce vin de Bourgogne s'accorde classiquement avec les viandes blanches, les volailles et les fromages : autant dire qu'il sera tout aussi à l'aise en fin de repas si la table se prolonge autour d'un plateau.
La recette de base se prête à de nombreuses variations. Des morilles réhydratées apportent une dimension plus raffinée ; quelques lardons dorés en début de recette donnent de la profondeur au jus de cuisson. L'ajout de câpres en fin de cuisson ou d'un filet d'huile d'olive à la truffe transforme la fricassée en assiette de fête. Quelle que soit la version choisie, l'essentiel est de respecter le temps de cuisson et de ne jamais brusquer la viande de veau : c'est ce soin qui fait toute la différence entre un ragoût ordinaire et une fricassée véritablement délicieuse.
Trois bouteilles pour cette recette
Notre choixDomaine Rossignol-Février · Cuvée V Lima · 2023AOC Bourgogne
Domaine Rapet Père & Fils · 2021AOC Bourgogne
Domaine Rapet Père & Fils · 2021AOC Bourgogne
QUESTIONS
Un vin buvable, oui, un grand vin non : la cuisson efface la finesse et concentre le reste, donc une bouteille fatiguée se retrouve telle quelle dans l'assiette. Une bouteille de 8 à 12 € que vous boiriez volontiers fait exactement le travail.
Oui, en gardant la couleur et le profil : un blanc sec se remplace par un autre blanc sec, jamais par un moelleux qui sucrerait la sauce. Le rosé passe partout où un blanc est prévu. Sans alcool, un bouillon relevé d'un trait de vinaigre approche le résultat sans le tenir tout à fait.
Rebouchée et au frais, elle tient trois jours en blanc, quatre à cinq en rouge. Au-delà, elle passe en cuisine plutôt qu'au verre. Elle se congèle aussi en bac à glaçons pour les déglaçages : c'est la seule façon de ne rien jeter.
Celui qui est en carte dans l'article : on met une bouteille en stock qui va au plat, pas une référence choisie au hasard du catalogue. Si elle ne vous convient pas, le lien de collection ouvre les autres bouteilles du même rayon.