Whisky · Shizuoka
Shizuoka · Pot Still W · 100 % Imported Barley · Édition 2024
Shizuoka Pot Still W Imported Barley Édition 2024
Japon
50 cl
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Un alambic chauffé à la flamme, cent pour cent de malt d'orge importé et un flacon de 50 cl : cette mise japonaise se lit d'abord à la lettre imprimée sur son étiquette.
Shizuoka Pot Still W Imported Barley Édition 2024, six mille bouteilles pour le Japon
2024, l'année inscrite dans le nom de la mise
Le nom de la bouteille porte une année, et cette année désigne la sortie. Le producteur a lancé cette édition à la fin du mois de mars 2024, et le chiffre sert à la distinguer des versions précédentes du même embouteillage. Il ne s'agit donc ni d'une année de distillation ni d'un millésime au sens où on l'entend sur une eau-de-vie de vin. La mise ne porte du reste aucune mention d'âge.
Un tirage réservé au marché intérieur japonais
La distillerie annonce 6 000 bouteilles, et elle précise que ce chiffre vaut pour la vente nationale. C'est une limitation de marché, pas un tirage mondial. Autrement dit, le nombre imprimé dans les communiqués renseigne sur ce qui a été mis en vente au Japon, et il faut résister à la tentation de le lire comme le total des exemplaires disponibles ailleurs.
Cinquante centilitres et 55,5 degrés dans le flacon
Le format est de 50 cl, et non les 70 cl auxquels le rayon habitue. Le producteur a réduit la contenance entre la première version de cet embouteillage et celle-ci, tout en augmentant le nombre de flacons. Le degré retenu est de 55,5 % vol., un chiffre très au-dessus du minimum de 40 % que les textes britanniques imposent au scotch whisky et que la profession japonaise a repris comme repère. Rapporté au litre, le prix d'un tel format se compare mal à celui d'une bouteille standard.
L'orge britannique et le malt tourbé de cette édition
Cent pour cent de malt d'orge importé du Royaume-Uni
La mention Imported Barley portée par l'étiquette dit l'essentiel : l'orge n'est pas japonaise. Le producteur précise que cette édition emploie cent pour cent de malt d'orge britannique, ce qui l'oppose directement à ses embouteillages de la même série élaborés à partir d'orge cultivée dans la préfecture. Un single malt n'utilise de toute façon qu'une seule céréale, l'orge maltée, et une seule distillerie : la provenance du grain reste donc l'un des rares curseurs que le distillateur peut déplacer d'une mise à l'autre.
Un malt tourbé dosé en accent par le producteur
À ce malt britannique s'ajoute une part de malt tourbé, que le producteur décrit comme dosée en accent et volontairement retenue. La tourbe est donc revendiquée, mais comme une touche et non comme la charpente du whisky. Un chiffre de phénols se mesure sur l'orge maltée après touraillage, avant même le brassage, et l'essentiel se perd ensuite à la fermentation puis à la seconde distillation. Il décrit une matière première, jamais un verre.
Ce que la composition d'une autre édition ne dit pas de celle-ci
La première version de cet embouteillage, en 70 cl, avait sa propre composition, avec des pourcentages précis d'orges tourbée et non tourbée et une part de malt à bière. L'édition 2024 en a une autre, annoncée par le producteur. Dans une série reconduite d'année en année, chaque édition se lit pour elle-même.
Ce que la flamme de bois laisse dans ce distillat
Une flamme nourrie au bois plutôt qu'un serpentin de vapeur
La lettre W désigne l'alambic qui a produit ce distillat, et cet alambic est l'un des très rares au monde à être chauffé directement au feu de bois. Le combustible vient du bois d'éclaircie coupé dans les forêts voisines. Presque toute la production mondiale passe aujourd'hui par des serpentins de vapeur, qui chauffent doucement et de façon homogène. Ici la flamme lèche le cuivre, et la température de contact n'a rien à voir avec celle d'un chauffage indirect.
Le cuivre chauffé fort et la matière qui en sort
Une chauffe à la flamme cuit le moût au contact du métal et pousse des réactions que la vapeur ne provoque pas, du côté des notes grillées et de la texture. Le nez de cette édition en porte la trace : subtil et élégant, une fumée de tourbe discrète, des fruits délicats, des agrumes et une note nette de chêne grillé. La bouche prolonge exactement ce dessin, douce et harmonieuse, sur les fruits et une légère fumée, dans une texture soyeuse où l'agrume et le bois s'équilibrent.
Le fût de cette mise se lit au verre
Le chêne grillé perçu au nez est une impression de dégustation : c'est au verre que se lit le bois de l'édition 2024.
Ce que cette édition japonaise partage avec un scotch, et ce qui l'en écarte
Une norme japonaise face au règlement écossais
Le whisky écossais ne connaît que cinq catégories légales : single malt, single grain, blended malt, blended grain et blended Scotch Whisky. Le Japon relève d'un cadre différent, une norme professionnelle et non une loi, qui encadre depuis peu l'usage de la mention Japanese Whisky. Les deux systèmes ne se recouvrent pas, mais les définitions de fond se rejoignent : une seule distillerie et de l'orge maltée pour unique céréale, ce qui est bien le cas de cette bouteille.
La chauffe directe, une pratique devenue rare en Écosse
La chauffe à flamme directe n'a rien d'une invention japonaise, c'est la technique historique du whisky. L'Écosse l'a presque entièrement abandonnée au profit de la vapeur, et les quelques maisons qui l'ont conservée en font un argument. La particularité de cet alambic tient au combustible : là où les rares irréductibles écossais chauffent au gaz, celui-ci brûle du bois. Un amateur qui cherche à comprendre ce que la flamme apporte trouvera donc ici un cas de figure quasiment isolé.
Un malt à peine fumé face aux whiskies franchement tourbés
Il serait trompeur de ranger cette bouteille avec les whiskies tourbés. La fumée y est un liseré, pas une matière, et un amateur venu chercher l'iode et le goudron d'un malt d'Islay passerait à côté du sujet. À l'inverse, quelqu'un qui n'aime pas la tourbe frontale y trouvera un point d'entrée : la fumée arrive derrière le fruit, tient la longueur et n'écrase rien. C'est une lecture de la tourbe comme assaisonnement plutôt que comme identité.
Le service d'un whisky japonais à 55,5 degrés
L'eau, le verre et la finale de fleur de cerisier
Le service recommandé est nature, à température ambiante, dans un verre tulipe, et quelques gouttes d'eau suffisent à ouvrir un degré de cette hauteur. Elles font ressortir la finale, persistante et fraîche, sur la fleur de cerisier et une subtile touche boisée. La glace est à écarter, elle referme le nez et efface précisément la part la plus fine de cette mise. Le verre gagne par ailleurs beaucoup à quelques minutes d'attente avant la première gorgée.
Un même degré d'une édition Shizuoka à l'autre
Un point mérite d'être signalé, parce qu'il change la lecture de l'étiquette : notre autre bouteille de la maison, issue d'un autre alambic et d'une autre année, affiche exactement le même 55,5 %. Deux mises différentes au même dixième ressemblent davantage à un degré de mise choisi par la maison qu'à deux fûts arrivés par hasard à la même valeur.
Une bouteille qu'on ouvre ou qu'on garde
Le format de 50 cl est celui d'une bouteille destinée à être bue, pas d'un flacon de vitrine, et il convient bien à une dégustation à plusieurs où chacun goûte sans entamer une réserve. L'édition étant close et son allocation hors du Japon jamais chiffrée, elle se garde aussi très bien fermée. Elle fait enfin un cadeau parlant pour un amateur de whisky japonais, à condition d'accompagner la bouteille de ce que la lettre W veut dire.
ÉDITION LIMITÉE
Une pièce rare
Une production confidentielle, réservée aux amateurs à la recherche de l'exception.
L'ART DE LA TOURBE
Le whisky, une fumée et du temps
Tout part de l'orge. Maltée, elle germe, puis on arrête sa germination en la séchant, et c'est là que se joue l'essentiel : si le feu qui la sèche brûle de la tourbe, la fumée imprègne le grain et ne le quittera plus. Le reste est affaire de patience, en fût, pendant des années.
Un whisky se lit donc sur deux axes. Le premier est la fumée, du malt le plus doux au plus goudronné. Le second est le bois : le bourbon donne la vanille, le sherry les fruits secs, le porto le fruit rouge. Entre les deux se glisse le temps, qui arrondit tout.
À LA DÉGUSTATION
Œil, nez, bouche et finale
L'œil
Le nez
La bouche
La finale
LA SIGNATURE
Le degré de tourbe
C'est le premier critère de choix d'un whisky, et celui qui fait peur à tort. Le curseur situe cette bouteille sur l'échelle, du malt le plus doux au plus fumé.
Non tourbé
Speyside, Lowlands : le malt, le fruit et le bois mènent seuls.
Léger
Une fumée en arrière-plan, qui signe sans dominer.
Marqué
La tourbe passe devant, le fruit reste perceptible derrière.
Très tourbé
Goudron, iode et cendre. Islay dans ce qu'elle a de plus franc.
LA MATIÈRE
Le fût
Après la tourbe, c'est le bois qui décide. Chaque fût laisse sa trace. Et quand la bouteille vient d'une barrique unique, ce fût a un numéro.
LE SERVICE
Sec, puis une goutte d'eau
Un whisky ne demande rien de plus qu'un verre propre et un peu de patience. Le reste est affaire de réglage : quelques gouttes d'eau suffisent à ouvrir un nez fermé, et à baisser un degré qui brûle.
Sec
Dans un verre tulipe, à température ambiante. La première gorgée se prend telle quelle, avant de toucher à quoi que ce soit.
Une goutte d'eau
Quelques gouttes suffisent à ouvrir le nez : elles libèrent les arômes que l'alcool tenait serrés.
Astuce : sur un whisky tourbé, laissez le verre respirer cinq minutes avant de le sentir. La fumée s'assied et laisse passer ce qu'il y a derrière. Conservez la bouteille debout, à l'abri de la lumière.
Sélection goûtée
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Style & usage
Dégustation, Collection, Cadeau
Origine
Shizuoka
Embouteillage
Officiel
LA FICHE
Caractéristiques
Degré
55.5% vol.
Contenance
50 cl
Type
Single malt
Âge
Sans mention d'âge
Embouteilleur
Officiel
Région
Shizuoka
Pays
Japon
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