DISTILLERIE

Bob's Bitters

De la pâtisserie étoilée londonienne au flacon d'amer, Bob Petrie a bâti une maison entière autour d'un geste minuscule : quelques traits qui transforment un cocktail. Voici l'histoire, la gamme et le savoir-faire de Bob's Bitters.

Par Matys Hoffman, cavistePublié le 23 octobre 20268 min de lecture
Maison Bob's Bitters
Apéritifs Bob's Bitters 2 références en vente, de 38,18€ à 39,39€
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Région
Londres
Appellation
1
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2 références
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38,18€

Il suffit parfois de quelques traits d'amer pour qu'un cocktail change de dimension. Derrière ces petits flacons se cache un homme, un ancien chef pâtissier, et une maison anglaise qui a fait du détail son métier : la maison Bob's Bitters.

La maison Bob's Bitters, l'atelier d'amers de Bob Petrie

La maison Bob's Bitters est née d'une intuition d'artisan plus que d'un plan industriel. Son fondateur, Bob Petrie, a construit une gamme entière d'amers de cocktail à partir d'une conviction simple : un bon amer doit avoir un goût franc, identifiable, et non un profil flou et confus.

Bob Petrie, du pâtissier étoilé au faiseur d'amers

Avant de devenir un nom cité derrière les bars, Bob Petrie était chef pâtissier dans de grandes tables londoniennes étoilées au Guide Michelin. Cette formation culinaire irrigue toute sa démarche : il aborde l'amer comme un dessert ou une sauce, en cherchant l'équilibre, la précision aromatique et la pureté d'un ingrédient. C'est ce regard de cuisinier, plutôt que de distillateur, qui donne à la maison Bob's Bitters son identité si particulière dans l'univers des spiritueux et des apéritifs.

Southend-on-Sea, un atelier d'amers artisanal dans l'Essex

La maison n'a rien d'une grosse structure. Bob Petrie fabrique, embouteille, étiquette et distribue lui-même ses amers depuis un atelier de Southend-on-Sea, dans le comté de l'Essex, au Royaume-Uni. Cette dimension résolument artisanale explique les petits lots et le soin apporté à chaque flacon. Chez Bob's Bitters, le savoir-faire n'est pas un argument marketing : c'est une réalité de tous les jours, à hauteur d'homme.

La genèse des amers Bob's Bitters, une commande de 2005

Tout commence en 2005. Le célèbre barman Giuliano Morandin, alors chef de bar du Dorchester à Londres, sollicite Bob Petrie pour créer une petite série d'amers sur mesure. L'idée : refléter la palette aromatique des botaniques du gin, avec des notes comme la cardamome, le gingembre ou le pamplemousse. Ce qui devait rester un projet confidentiel destiné aux professionnels du bar est peu à peu devenu une maison à part entière, connue des amateurs de cocktails bien au-delà des frontières britanniques.

Bob's Chocolate Bitters, amer cacao

Pour découvrir la distillerie

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La gamme d'amers de la maison Bob's Bitters

La force de la maison tient à la lisibilité de sa gamme. Là où beaucoup de producteurs multiplient les assemblages complexes, Bob's Bitters mise avant tout sur des amers d'un seul ingrédient, faciles à comprendre et à associer.

Les amers mono-ingrédient, de la cardamome au chocolat

Le cœur de la gamme rassemble une longue série d'amers mono-ingrédient : cardamome, chocolat, gingembre, coriandre, réglisse, vanille, pamplemousse, lavande, menthe poivrée, orange et mandarine… Chaque flacon porte la saveur qu'il annonce, sans détour. Cette approche permet au barman ou à l'amateur de composer ses propres accords, un peu comme on assaisonne un plat : une pointe de chocolat sur un cocktail au rhum brun, quelques traits de cardamome sur une base de gin. C'est toute la logique single-ingredient qui fait la signature de la maison Bob's Bitters.

L'Abbotts Bitters, résurrection d'un amer du XIXe siècle

La pièce la plus emblématique de la maison est sans doute l'Abbotts Bitters. Cet amer aromatique, autrefois un classique disparu du répertoire des cocktails, avait cessé d'être produit. Bob Petrie a passé environ cinq ans à en reconstituer la recette, avec l'aide du mixologue Jake Burger, à partir d'une bouteille d'origine survivante servant de référence gustative. Plus léger et plus délicat que la plupart des amers aromatiques, moins marqué par la muscade et la cannelle, l'Abbotts illustre la patience et l'exigence qui définissent le savoir-faire de Bob's Bitters.

Les amers saisonniers et les collaborations

La maison ne se limite pas à ses grands classiques. Une gamme saisonnière décline des amers au fil de l'année, tandis que plusieurs collaborations ont vu le jour avec des acteurs reconnus du monde du cocktail et de l'épicerie fine, dont Difford's Guide ou la maison londonienne Fortnum & Mason. Ces éditions montrent la capacité de Bob's Bitters à dialoguer avec les barmen comme avec les amateurs curieux, toujours dans le même esprit d'amer naturel et bien fait.

Le savoir-faire de la maison Bob's Bitters, entre macération, chêne et petits lots

Un amer de cocktail n'est pas un spiritueux que l'on boit pur : c'est un concentré aromatique dont on use par petites touches. Sa fabrication demande donc un vrai travail d'extraction et d'équilibre, que la maison Bob's Bitters mène avec méthode.

L'alcool local et la macération lente de l'amer

Le principe est celui de la macération : l'ingrédient choisi, cardamome, gingembre ou chocolat, est mis à infuser dans un alcool d'origine locale. Pour les amers mono-ingrédient, cette macération dure environ cinq semaines, le temps que l'alcool se charge pleinement des arômes. La maison privilégie des ingrédients naturels et une fabrication en petits lots, filtrée à l'aide d'un matériel spécialement conçu pour cet atelier. Cette lenteur assumée est l'opposé d'une production de masse, et c'est précisément ce qui donne aux amers Bob's Bitters leur netteté.

Le fût de chêne américain de l'Abbotts Bitters

L'Abbotts Bitters bénéficie d'un traitement particulier. Après macération, il connaît une maturation pouvant aller jusqu'à six mois en fûts de chêne américain brûlés. Ce passage sous bois, familier aux amateurs de whisky et de rhum, arrondit l'amer, apporte de la profondeur et des notes légèrement torréfiées. C'est un exemple concret du dialogue permanent entre le monde des amers et celui des grandes eaux-de-vie vieillies en fût.

L'approche culinaire du mono-ingrédient

Fidèle à son passé de pâtissier, Bob Petrie refuse le raccourci des arômes artificiels. Chaque amer part d'une matière première réelle et cherche à en restituer le caractère exact, comme on le ferait d'une épice en cuisine. Cette philosophie du mono-ingrédient transforme la gamme en véritable palette d'assaisonnements pour le bar : le barman ne subit pas un amer tout fait, il compose avec des saveurs franches qu'il peut marier à sa guise.

La maison Bob's Bitters parmi les spiritueux, les amers et les liqueurs

Pour bien situer Bob's Bitters, il faut comprendre ce qu'est un amer et ce qui le distingue des autres produits d'un bar. L'amer est un concentré très aromatique et titré, employé à la goutte ou au trait, jamais bu seul comme un spiritueux classique.

L'amer face au gin et à ses botaniques

Le gin partage avec l'amer un même vocabulaire de botaniques : genièvre, coriandre, cardamome, agrumes. La différence tient à l'usage. Le gin est un spiritueux que l'on distille et que l'on sert en volume, allongé de tonic ou monté en dry martini ; l'amer, lui, se dose par petites touches pour relever et lier les saveurs. Les amers Bob's Bitters ont d'ailleurs été pensés dès l'origine pour épouser la palette du gin, ce qui en fait un compagnon naturel des cocktails à base de gin London Dry.

L'amer, le vermouth et les liqueurs d'apéritif

Dans la grande famille de l'apéritif, l'amer côtoie le vermouth et les liqueurs. Le vermouth est un vin aromatisé et fortifié, la liqueur un alcool sucré et parfumé que l'on boit en petites quantités ; l'amer, plus concentré et bien moins sucré, sert d'assaisonnement plutôt que de base. Un Negroni illustre parfaitement cette complémentarité, où gin, vermouth et amers dialoguent. Les amers de Bob's Bitters s'inscrivent dans cette culture de l'apéritif où chaque ingrédient joue une partition précise.

Du whisky au rhum, rehausser les eaux-de-vie

L'amer ne se cantonne pas au gin. Sur les eaux-de-vie brunes, il fait merveille : quelques traits d'Abbotts ou d'amer au chocolat subliment un whisky, qu'il s'agisse d'un single malt écossais ou d'un bourbon américain, tout comme ils prolongent la rondeur d'un rhum ambré vieilli en fût de chêne. On retrouve alors le même registre de notes torréfiées et épicées qui traverse le monde des spiritueux vieillis, du scotch au cognac. C'est cette capacité à rehausser presque toutes les grandes eaux-de-vie qui rend les amers Bob's Bitters aussi précieux au bar.

Déguster et doser les amers Bob's Bitters en cocktail

Un amer se juge à l'usage, pas à la gorgée. Bien dosé, il transforme un cocktail sans jamais s'imposer ; c'est tout l'art que défend la maison Bob's Bitters.

Doser l'amer Bob's Bitters dans un Old Fashioned, un Negroni ou un Martini

La règle d'or : quelques traits suffisent. Dans un Old Fashioned, une pointe d'Abbotts ou d'amer aromatique lie le sucre et le whisky. Dans un Negroni, l'amer prolonge l'amertume du vermouth et de l'apéritif rouge. Sur un dry martini au gin, un simple trait de cardamome ou de coriandre ouvre le nez et donne du relief. L'idée n'est jamais d'ajouter de l'amertume pour elle-même, mais d'assaisonner le cocktail avec justesse.

Les amers de Bob's Bitters à l'apéritif et en cuisine

Grâce à leur logique mono-ingrédient, les amers Bob's Bitters dépassent le seul cocktail. Une goutte d'amer au chocolat ou à la vanille relève un dessert, un café ou une crème ; un amer au pamplemousse ou à la coriandre parfume un spritz sans alcool ou une eau pétillante à l'apéritif. Cet héritage culinaire, directement issu du parcours de pâtissier de Bob Petrie, fait de la gamme un pont entre le bar et la table.

Conserver et choisir ses amers de cocktail

Concentrés et fortement alcoolisés, les amers se conservent longtemps à l'abri de la lumière et de la chaleur, et un flacon dure des mois même à raison de quelques traits par service. Pour débuter, un amer aromatique polyvalent comme l'Abbotts et un ou deux mono-ingrédient bien choisis, cardamome ou chocolat, suffisent à couvrir l'essentiel des grands classiques. Découvrez les amers de la maison Bob's Bitters sur Trinquay et composez votre palette de saveurs pour sublimer vos cocktails maison.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Ce qu'on nous demande sur cette distillerie

Par quelle bouteille commencer ?

Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.

Une bouteille ouverte se garde combien de temps ?

Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.

Peut-on panacher plusieurs bouteilles dans un colis ?

Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.