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  • Filet de pigeonneau rôti sur coffre Filet de pigeonneau rôti Mobile
  • Filet de pigeonneau rôti sur coffre

    Matys Hoffman


    Filet de pigeonneau rôti sur coffre

    Le pigeonneau rôti sur coffre est l'une des préparations les plus prestigieuses de la grande gastronomie française. Cette technique – qui consiste à rôtir l'oiseau entier avec sa carcasse, puis à lever les filets juste avant le service – est l'antithèse du désossage préalable. Elle garantit une cuisson sublime parce que les os retiennent les jus et protègent la chair de la dessiccation pendant la chaleur. Le pigeonneau d'élevage – idéalement un Mésange ou un Royal de Bresse, de quatre à six semaines, à la chair rouge brique et au goût de noisette typique – est l'une des volailles les plus délicates du répertoire. Sa chair, plus proche du gibier à plume que du poulet, demande une cuisson rosée précise à cinquante-quatre degrés à cœur pour révéler toute sa finesse aromatique sans sécher.

    La maîtrise tient à quatre points techniques. D'abord, la qualité du pigeonneau : pigeonneau de Bresse, du Vendômois ou de Beauce, label rouge ou bio. Évitez les pigeons de race à viande importés industriellement, sans saveur. Ensuite, le séchage de la peau : l'oiseau doit reposer vingt-quatre heures au réfrigérateur découvert, peau exposée à l'air, pour qu'elle devienne plus sèche et plus croustillante à la cuisson. Puis la cuisson basse au four : cent quatre-vingts degrés en chaleur tournante pendant douze minutes, suivie d'un repos de huit minutes sous papier aluminium, qui termine la cuisson par inertie tout en redistribuant les jus. Enfin, le jus court magistral tiré des carcasses concassées et caramélisées, déglacé au madère sec, qui apporte cette dimension umami profonde signature du pigeonneau de tradition. Pour l'accord vin, parcourez notre sélection des vins du Domaine Felettig.

    Ingrédients pour 4 personnes

    Les pigeonneaux

    • 4 pigeonneaux fermiers de 450 g chacun, vidés, prêts à rôtir
    • 50 g de beurre demi-sel pommade
    • 3 cuillères à soupe d'huile d'olive
    • 4 brins de thym frais
    • 4 gousses d'ail en chemise écrasées
    • Fleur de sel, poivre noir du moulin

    Le jus court au madère

    • Les carcasses des pigeonneaux concassées
    • 1 carotte en mirepoix
    • 1 échalote en mirepoix
    • 1 gousse d'ail
    • 15 cl de madère sec ou de banyuls grand cru
    • 30 cl de fond brun de volaille corsé
    • 1 brin de thym, 1 feuille de laurier
    • 40 g de beurre froid en parcelles
    • 1 cuillère à café de jus de citron

    La garniture

    • 500 g de chou vert frisé
    • 200 g de lard fumé en lardons
    • 200 g de marrons cuits sous vide pelés
    • 2 cuillères à soupe de beurre demi-sel
    • 1 échalote ciselée
    • 2 brins de thym, fleur de sel, poivre

    Préparation

    Préparer les pigeonneaux (la veille)

    Sortez les pigeonneaux de leur emballage. Séchez méticuleusement la peau au papier absorbant. Salez généreusement à la fleur de sel à l'intérieur et à l'extérieur. Posez les oiseaux sur une grille au-dessus d'une plaque, au réfrigérateur découvert, vingt-quatre heures. La peau va sécher progressivement, ce qui garantit une croûte ambrée parfaitement croustillante à la cuisson.

    Préparer le jus court (idéalement la veille)

    Désossez les pigeonneaux en gardant les filets sur coffre (= attachés aux os de la carcasse). Concassez grossièrement les os de carcasse non utilisés. Faites chauffer un peu d'huile dans une casserole. Ajoutez les os concassés, faites colorer dix minutes à feu vif jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés. Ajoutez la mirepoix de carotte, échalote et ail. Faites suer cinq minutes.

    Versez le madère, faites réduire de moitié, environ trois minutes. Ajoutez le fond brun, le thym et le laurier. Portez à frémissement et laissez mijoter une heure à feu doux. Filtrez au chinois fin, dégraissez en surface. Réservez le fond corsé – il sera la base du jus final.

    Cuire les pigeonneaux

    Sortez les pigeonneaux du frais une heure avant cuisson pour les tempérer. Préchauffez le four à cent quatre-vingts degrés en chaleur tournante.

    Massez généreusement la peau avec le beurre pommade et l'huile d'olive. Salez et poivrez. Glissez à l'intérieur de chaque pigeonneau un brin de thym et une gousse d'ail en chemise écrasée.

    Dans une grande poêle qui passe au four (ou cocotte basse), saisissez les pigeonneaux trois minutes côté poitrines à feu moyen-vif pour démarrer la coloration. Retournez-les délicatement.

    Enfournez avec les pigeonneaux poitrines vers le haut. Cuisez douze à quatorze minutes selon la taille des oiseaux. À la sonde plantée au cœur de la poitrine, visez cinquante-quatre degrés pour rosé profond, cinquante-huit pour à point. Au-delà, vous quittez la zone noble du pigeonneau.

    Reposer crucialement

    Sortez la poêle du four. Transférez les pigeonneaux sur une planche, couvrez sans serrer d'aluminium et laissez reposer huit minutes. Pendant ce repos, la cuisson se termine par inertie (la température monte encore de deux à trois degrés à cœur), les jus se redistribuent dans les fibres, la viande devient parfaitement homogène en bouche.

    Préparer le jus de finition

    Pendant le repos, déglacez la poêle de cuisson avec un peu de fond corsé de carcasses (préparé hier). Faites réduire deux minutes à feu vif, en grattant les sucs. Filtrez dans une petite casserole avec le reste de fond.

    Faites réduire à feu vif jusqu'à obtenir une sauce qui nappe le dos d'une cuillère, environ cinq minutes. Hors du feu, montez au beurre froid en parcelles, terminez par le jus de citron. Goûtez et rectifiez sel et poivre.

    Préparer la garniture

    Émincez le chou vert finement (côtes retirées). Plongez-le deux minutes dans l'eau bouillante salée, puis dans l'eau glacée. Égouttez bien.

    Dans une grande poêle, faites suer les lardons dans le beurre demi-sel jusqu'à libération du gras. Ajoutez l'échalote ciselée, faites suer deux minutes. Ajoutez le chou blanchi, faites sauter cinq minutes à feu vif. Ajoutez les marrons coupés en deux, faites revenir trois minutes. Salez et poivrez. Ajoutez le thym.

    Lever les filets et dresser

    Avec un couteau bien affûté, levez les filets de pigeonneaux du coffre en glissant la lame le long du bréchet. Vous obtenez deux beaux filets par oiseau, chair rosée et juteuse. Détachez aussi les cuisses (elles peuvent être servies ensemble ou en seconde assiette).

    Disposez deux filets en éventail sur chaque assiette préchauffée. Nappez de jus court chaud. Disposez généreusement la garniture chou-marrons-lardons à côté. Parsemez de fleur de sel sur la peau et donnez un tour de poivre du moulin.

    Accord mets et vin

    Sur ce pigeonneau d'apparat, le Domaine Felettig Les Charrières 2022 propose un accord d'exception. Cette cuvée Chambolle-Musigny Premier Cru en pinot noir biologique livre une palette aromatique magistrale : cerise noire, framboise écrasée, violette, sous-bois, épices fines, finale soyeuse, avec des tanins fondus et une fraîcheur ligne directrice qui équilibre la richesse du pigeonneau et de sa sauce au madère. La complexité de la Chambolle-Musigny Premier Cru dialogue avec les saveurs profondes du gibier à plume, sa finesse respecte la délicatesse de la chair rosée. Servez-la à seize degrés, en grande carafe ouverte une heure avant. Pour explorer plus largement la signature de cette belle maison, parcourez notre sélection des vins du Domaine Felettig.

    Conseils du chef et variations

    • Variante en croûte de sel : pour les fêtes, pigeonneau entier en croûte de sel parfumée. Spectaculaire à briser à table.
    • Variante aux figues : en automne, ajoutez 4 figues fraîches caramélisées au beurre dans la sauce.
    • Sans madère : remplacez par 15 cl de Banyuls grand cru ou de Porto Tawny.
    • Sans pigeonneau : la même technique fonctionne sur caille (réduisez à 8 min au four) ou sur perdreau (12-14 min).
    • Pour les abats : gardez le cœur et le foie, sautez-les au beurre 30 secondes, posez sur croûtons au moment du service. Sublime.
    • Pour 8 personnes : 8 pigeonneaux, cuisson en deux fournées si nécessaire pour ne pas surcharger la poêle.

    Le mot du sommelier

    Le pigeonneau est l'une des viandes les plus délicates et nobles du répertoire français. Il appelle des vins fins, complexes et matures, capables de respecter sa délicatesse tout en répondant à la richesse de sa sauce. Les Pinots noirs bourguignons de Premier ou Grand Cru (Chambolle-Musigny, Vosne-Romanée, Chambertin, Musigny) sont les compagnons traditionnels par excellence, par leur élégance et leur palette de fruits rouges-violette-sous-bois. Les Côtes-Rôties matures et les Hermitage tiennent l'accord avec une autre logique, plus solaire et épicée. Les Bordeaux du Médoc matures (Margaux, Saint-Julien) peuvent aussi convenir, pour leur finesse aristocratique. Évitez les vins jeunes ou trop tanniques qui heurteraient la chair rosée. Carafez systématiquement une à deux heures. Servez à seize-dix-sept degrés.

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