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Calvados · Domfrontais, Orne

Lemorton · Calvados 1987

Calvados Lemorton 1987

Calvados
40.0% vol.
70 cl

Découvrez le Calvados Lemorton 1987, un vieux Domfrontais à la bouche épicée, portée par le fruit miellé et les fruits secs torréfiés, que prolonge une finale longue et intense.

globe

France

experiment

70 cl

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Une eau-de-vie de 1987 se sert sans cérémonie, mais pas n'importe comment.

Boire le Calvados Lemorton 1987 : un digestif de fin de repas

Cette bouteille appartient à la fin du repas. Elle se sert en digestif, après le dessert ou le plateau de fromages, dans le moment où la table ralentit. Les gestes qui comptent sont peu nombreux, et ils tiennent tous à une chose : ne pas brider les arômes d'un distillat que le fût a mis des décennies à construire. Ce n'est ni une bouteille d'apéritif, ni une base de cocktails, et rien dans son profil n'invite à la mélanger.

Un verre tulipe et 18-20 degrés, pour laisser monter le grillé

La bonne température se situe entre 18 et 20 degrés, dans un verre tulipe dont le resserrement rassemble le bouquet au lieu de le laisser fuir. C'est à cette température que le registre torréfié de la bouche se donne : servi froid, il reste muet. Ni glaçon ni carafage, donc ; la carafe n'a rien à assouplir sur un spiritueux qui a passé sa vie dans le chêne. Le verre ballon très ouvert, souvent associé aux vieux alcools, disperse au contraire ce que l'on cherche à concentrer.

Le verre se réchauffe dans la main

Si la bouteille sort d'une pièce fraîche, la main suffit : tenir le verre par le calice une minute lui rend le degré ou deux qui manquent, et les arômes montent à mesure. Ce réflexe évite le mauvais raccourci qui consiste à servir très frais, puis à ajouter de l'eau ou de la glace pour compenser. Sur une eau-de-vie de cet âge, chaque degré gagné change ce que l'on perçoit au nez.

Une bouteille de 70 cl à 40 degrés

Le flacon fait 70 cl et titre 40 % vol., degré de mise en bouteille de la maison, à confirmer sur l'étiquette pour ce millésime très peu diffusé. On le sert par petites quantités : sur une eau-de-vie à finale longue, un fond de verre occupe une fin de soirée entière. Une fois entamée, la bouteille se conserve debout, bouchon en place, sans que le contenu bouge réellement.

Un vieux calvados parmi les spiritueux vieillis sous bois

Qui aime les spiritueux vieillis arrive rarement au calvados en premier. On vient du whisky, du rhum vieux, de l'armagnac. Pourtant les points communs sont nombreux : même chêne, même patience, même façon de compter en décennies plutôt qu'en années, et la même idée qu'un distillat jeune et un distillat ancien ne se boivent pas dans les mêmes circonstances. Le calvados traîne encore une réputation de fin de repas de campagne ; un vieux millésime du Domfrontais se déguste pourtant exactement comme un malt d'âge, verre en main et sans hâte.

Le fruit là où le whisky part de la céréale et l'armagnac du raisin

La différence se joue à la matière première. Un whisky naît de céréales maltées, un armagnac de raisin, un rhum de la canne ; un calvados du Domfrontais naît de poires et de pommes à cidre fermentées. Le fût fait ensuite le même travail sur tous, mais il ne travaille pas la même matière, et le fruit d'origine reste identifiable jusqu'au bout, même après des décennies de bois.

Ce qu'un amateur de vieux spiritueux retrouve dans cette eau-de-vie

Les repères habituels sont là : l'épice de bois, les fruits secs, la longueur en finale, ce moelleux que seul le temps donne. Ce qui change, c'est le fond fruité sur lequel tout cela repose. Un amateur d'eaux-de-vie de fruit y trouvera de la profondeur, un amateur de malt un registre aromatique qu'aucune céréale ne produit. Le passage d'une famille à l'autre se fait sans effort, parce que la grammaire du bois est la même partout : c'est une bouteille de bascule, celle par laquelle on entre souvent dans l'appellation.

La dégustation : une bouche épicée sur les fruits secs torréfiés

Une précision honnête avant les notes : le domaine ne publie ni robe ni notes de nez pour ce millésime, et nous ne comblons pas ce vide en empruntant la description d'une autre année. Seules la bouche et la finale sont documentées, et ce sont elles que vous lisez ci-dessous. Une donnée absente vaut mieux qu'une donnée inventée, surtout sur une eau-de-vie que trois marchands seulement référencent dans le monde.

Le fruit miellé et l'épice en bouche

La bouche est épicée, installée sur un fruit miellé et des fruits secs torréfiés. Le mot torréfié est celui qui compte : on est loin du fruit frais des cuvées jeunes, dans un registre grillé, presque pâtissier, où le sucre du fruit s'est concentré au point de changer de nature. Le miel et le grillé ont pris la place que la poire fraîche occupait au départ, sans que le fruit disparaisse pour autant. C'est le vocabulaire des très vieux distillats, et il se rencontre rarement sur des eaux-de-vie de fruit.

Une finale longue et intense

La finale est longue et intense, deux qualificatifs qui vont rarement ensemble sur un distillat à 40 % vol. Elle ne s'éteint pas doucement, elle tient, et c'est ce qui justifie de servir peu à la fois. Le verre vide continue de parler plusieurs minutes après la dernière gorgée, ce qui est le meilleur argument pour ne pas le remplir de nouveau tout de suite. Sur ce point, le millésime n'a rien à envier à des spiritueux servis à un degré bien plus élevé.

L'ART DU POIRÉ

Le calvados, une pomme et une poire

On croit le calvados fait de pommes. Dans le Domfrontais, c'est inexact : l'appellation impose au moins trente pour cent de poiré, et les meilleurs producteurs vont bien au-delà. La poire ne donne pas la même eau-de-vie — moins ronde, plus tendue, avec une finesse florale que la pomme seule n'atteint pas.

Vient ensuite le temps. Un calvados de garde passe des décennies en fût sans être réduit trop tôt, jusqu'à développer le rancio que l'on cherche dans les vieilles eaux-de-vie.

À LA DÉGUSTATION

Œil, nez, bouche et finale

L'œil

Le nez

La bouche

Épicée, sur le fruit miellé et les fruits secs torréfiés.

La finale

Longue et intense.

LA VERTICALE

Quarante ans de millésimes

Une même maison, une série d'années — de la plus ancienne à la plus récente. Chaque point mène à sa bouteille.

Chaque millésime est cliquable — on passe d'une année à l'autre sans repasser par la collection.

LE VERGER

Ce que donne le verger

70 %
Poiré 70 %
Pommes 30 %

Le Domfrontais est la seule appellation calvados à imposer la poire — trente pour cent au minimum. Les meilleurs producteurs vont bien au-delà, sur des poiriers hautes tiges dont certains dépassent le siècle. C'est ce qui donne à ces eaux-de-vie leur finesse florale et leur tenue dans le temps.

L'APPELLATION

Les trois appellations

La Normandie en distille trois, et elles n'obéissent pas aux mêmes règles. Le fruit, l'alambic et la durée minimale changent d'une appellation à l'autre.

Calvados AOC

Toute la Normandie

Pommes à cidre. Distillation libre, colonne le plus souvent. Deux ans de fût minimum.

Pays d'Auge

Le cœur historique

Pommes seules, mais double distillation en alambic charentais obligatoire. Deux ans minimum.

Domfrontais

CE CALVADOS

L'Orne bocagère

Au moins 30 % de poiré, sur des poiriers hautes tiges. Colonne, et trois ans de fût minimum.

LE BOIS

Le fût

Le calvados de garde passe des décennies en fût sans réduction prématurée. Les millésimes anciens sont tirés d'une seule barrique, en très petites quantités.

Fût de chêne
MILLÉSIME UNIQUEOfficiel
DISTILLÉ1987

LE SERVICE

À température, dans un verre tulipe

Un calvados se sert à température de la pièce, dans un verre tulipe qui concentre le fruit. Ni glace, ni eau : le degré est déjà à sa place, et le froid referme les arômes que le temps a mis quarante ans à ouvrir.

1

La température

À température ambiante, jamais glacé : le froid referme les arômes de pomme cuite et de fût.

2

Le verre

Un verre tulipe plutôt qu'un ballon : il resserre le nez et tient l'alcool à distance.

3

Le bon moment

En digestif à la fin du repas, ou en trou normand entre deux plats.

Astuce : le trou normand se prend avec un jeune calvados, pas avec un millésime. Une vieille bouteille se garde pour la fin du repas, seule.

LA DISTILLERIE

Domaine Lemorton

Trois générations à Mantilly, dans le bocage du Domfrontais, au sud de l'Orne. Didier Lemorton distille un calvados à 70 % de poire là où l'appellation n'en exige que 30 % : une proportion que presque personne d'autre ne pratique. Les poiriers sont des hautes tiges qui montent parfois à vingt mètres, et l'alambic à dix-huit plateaux, chauffé au bois, sort une eau-de-vie à 68-70 degrés que le fût de chêne assouplit ensuite pendant des décennies. La maison est la référence du Domfrontais, et la seule à aligner une telle série de millésimes.

Domaine Lemorton

Sélection goûtée

Choisie et validée par le caviste Trinquay.

Style & usage

Fin de repas · digestif · cadeau

Appellation

Calvados Domfrontais

Millésime

1987

LA FICHE

Caractéristiques

Degré

40.0% vol.

Contenance

70 cl

Appellation

Calvados Domfrontais

Millésime

1987

Âge

Embouteillage

Officiel

Région

Domfrontais, Orne

Pays

France