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Calvados · Domfrontais, Orne

Lemorton · Calvados 1989

Calvados Lemorton 1989

Calvados
40.0% vol.
70 cl

Élégant et pâtissier, le Calvados Lemorton 1989 déroule une robe ambre et un nez de poire mûre, de vanille caramélisée et de tarte Tatin, avant une finale longue et délicate.

globe

France

experiment

70 cl

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Rares sont les eaux-de-vie dont le bouquet part sur la tarte Tatin.

Le Calvados Lemorton 1989 au nez : poire mûre, vanille caramélisée et tarte Tatin

Son bouquet se lit comme une pâtisserie aux fruits. Poire mûre, vanille caramélisée et pomme d'amour arrivent ensemble, suivies d'une note de tarte Tatin qui donne son nom au nez tout entier. C'est un profil généreux, immédiatement lisible, où le fruit cuit prend le pas sur le fruit frais. Peu d'eaux-de-vie de fruit offrent une palette aussi bavarde, et c'est par le nez que cette bouteille se fait comprendre en premier.

Une robe ambre

Le verre annonce la couleur avant même le premier nez : une robe ambre, profonde, très loin des reflets pâles des eaux-de-vie jeunes. Sur un spiritueux qui n'a connu que le fût de chêne, cette teinte se lit comme une indication d'ancienneté, et elle prépare le registre confit que la suite confirme. Le distillat sortait pourtant incolore de la distillation : tout ce que l'on voit dans le verre a été déposé par le bois.

Des arômes de pomme d'amour, d'abricot sec et de gingembre

Derrière le fruit cuit, le nez se complique agréablement. L'abricot sec apporte une dimension de fruits secs que l'on ne trouve pas sur les cuvées jeunes du domaine, et une pointe de gingembre vient réveiller l'ensemble. Ce grain d'épice empêche le bouquet de tourner au sirop et lui garde de la tenue. C'est cette tension entre le confit et l'épicé qui donne au millésime sa personnalité aromatique.

Une bouche fruitée et florale, une finale longue et délicate

La bouche prend le relais sur un registre fruité et floral, ponctué de fruits secs qui prolongent la ligne du nez. La finale est longue et délicate : elle s'installe sans peser, sans le tranchant alcoolique que l'on redoute parfois sur les vieux distillats, et laisse une trace fruitée qui met du temps à s'éteindre. Le mot délicat compte autant que le mot long, car il dit une eau-de-vie qui n'écrase rien.

Ce que le fût de chêne a déposé dans ce millésime de 1989

Toute la différence entre cette bouteille et une eau-de-vie récente tient au bois. Le distillat sort de l'alambic incolore et vif ; ce qui arrive aujourd'hui dans le verre a passé l'essentiel de son existence dans le chêne, et cela s'entend à chaque étape de la dégustation. La couleur, la vanille, les fruits secs et la douceur de la finale ont la même origine : le temps passé au chai.

Un millésime des années 1980 arrivé à maturité

Une eau-de-vie de cet âge n'est plus en train de se faire : elle est faite. Le vieillissement a mangé l'ardeur du degré d'alcool, arrondi les angles et installé cette maturité qui rend la dégustation confortable dès la première gorgée. C'est une bouteille qui ne demande aucun apprentissage à celui qui l'ouvre, et qui convient donc aussi bien à un habitué des vieux spiritueux qu'à quelqu'un qui découvre l'appellation.

Le registre des fruits secs et des notes confites

Le vocabulaire de dégustation le dit sans détour : abricot sec au nez, fruits secs en bouche, pomme d'amour et vanille caramélisée de part et d'autre. Le fruit frais du départ a laissé la place à un registre confit, plus dense, qui est la signature aromatique des eaux-de-vie de fruit longuement gardées sous bois. C'est ce glissement, du verger vers la confiserie, qui fait tout le prix d'un vieux millésime.

Servir et offrir cette eau-de-vie de 1989

Une bouteille pareille se traite avec des gestes simples. Rien à décanter, rien à préparer : le Calvados Domfrontais demande la bonne température, le bon verre, et un moment où personne n'est pressé. Le service compte d'autant plus ici que le nez est la meilleure part de la dégustation, et qu'un mauvais verre suffit à la gâcher.

Le verre tulipe et les 18-20 degrés, pour ne pas refermer ce nez

La température de service se situe entre 18 et 20 degrés, dans un verre tulipe dont le col resserré rassemble le bouquet vers le nez. C'est la précaution qui compte le plus ici : un glaçon referme en quelques secondes une palette de fruits secs et de notes confites qui a mis des décennies à se construire. Pas de carafe non plus, inutile sur un distillat que le fût a déjà assoupli. Un verre tenu quelques instants dans la main fait davantage pour les arômes que n'importe quel accessoire.

Un digestif que l'on fait durer

Sa place naturelle est en fin de repas, en digestif, après le dessert ou le plateau de fromages. Servi en petite quantité, il se boit lentement : la finale est longue, et attendre entre deux gorgées fait davantage pour la dégustation que remplir le verre. Ce n'est pas une bouteille d'apéritif, encore moins une base de cocktails, et son intérêt se perd dès qu'on la presse. C'est un alcool de conversation, pas de soif.

Une bouteille datée à offrir

Une eau-de-vie qui porte une année plutôt qu'une mention d'âge fait un cadeau d'une précision rare. Le format 70 cl et les 40 % vol. en font un objet de fin de repas classique, et la date sur l'étiquette suffit à lui donner une adresse quand on l'offre à quelqu'un pour qui 1989 veut dire quelque chose. Une fois en bouteille, elle n'évolue plus : elle peut donc attendre l'occasion.

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L'ART DU POIRÉ

Le calvados, une pomme et une poire

On croit le calvados fait de pommes. Dans le Domfrontais, c'est inexact : l'appellation impose au moins trente pour cent de poiré, et les meilleurs producteurs vont bien au-delà. La poire ne donne pas la même eau-de-vie — moins ronde, plus tendue, avec une finesse florale que la pomme seule n'atteint pas.

Vient ensuite le temps. Un calvados de garde passe des décennies en fût sans être réduit trop tôt, jusqu'à développer le rancio que l'on cherche dans les vieilles eaux-de-vie.

À LA DÉGUSTATION

Œil, nez, bouche et finale

L'œil

Ambre.

Le nez

Poire mûre, vanille caramélisée et pomme d'amour, sur des notes de tarte Tatin, d'abricot sec et une pointe de gingembre.

La bouche

Fruitée et florale, sur des notes de fruits secs.

La finale

Longue et délicate.

LA VERTICALE

Quarante ans de millésimes

Une même maison, une série d'années — de la plus ancienne à la plus récente. Chaque point mène à sa bouteille.

Chaque millésime est cliquable — on passe d'une année à l'autre sans repasser par la collection.

LE VERGER

Ce que donne le verger

70 %
Poiré 70 %
Pommes 30 %

Le Domfrontais est la seule appellation calvados à imposer la poire — trente pour cent au minimum. Les meilleurs producteurs vont bien au-delà, sur des poiriers hautes tiges dont certains dépassent le siècle. C'est ce qui donne à ces eaux-de-vie leur finesse florale et leur tenue dans le temps.

L'APPELLATION

Les trois appellations

La Normandie en distille trois, et elles n'obéissent pas aux mêmes règles. Le fruit, l'alambic et la durée minimale changent d'une appellation à l'autre.

Calvados AOC

Toute la Normandie

Pommes à cidre. Distillation libre, colonne le plus souvent. Deux ans de fût minimum.

Pays d'Auge

Le cœur historique

Pommes seules, mais double distillation en alambic charentais obligatoire. Deux ans minimum.

Domfrontais

CE CALVADOS

L'Orne bocagère

Au moins 30 % de poiré, sur des poiriers hautes tiges. Colonne, et trois ans de fût minimum.

LE BOIS

Le fût

Le calvados de garde passe des décennies en fût sans réduction prématurée. Les millésimes anciens sont tirés d'une seule barrique, en très petites quantités.

Fût de chêne
MILLÉSIME UNIQUEOfficiel
DISTILLÉ1989

LE SERVICE

À température, dans un verre tulipe

Un calvados se sert à température de la pièce, dans un verre tulipe qui concentre le fruit. Ni glace, ni eau : le degré est déjà à sa place, et le froid referme les arômes que le temps a mis quarante ans à ouvrir.

1

La température

À température ambiante, jamais glacé : le froid referme les arômes de pomme cuite et de fût.

2

Le verre

Un verre tulipe plutôt qu'un ballon : il resserre le nez et tient l'alcool à distance.

3

Le bon moment

En digestif à la fin du repas, ou en trou normand entre deux plats.

Astuce : le trou normand se prend avec un jeune calvados, pas avec un millésime. Une vieille bouteille se garde pour la fin du repas, seule.

LA DISTILLERIE

Domaine Lemorton

Trois générations à Mantilly, dans le bocage du Domfrontais, au sud de l'Orne. Didier Lemorton distille un calvados à 70 % de poire là où l'appellation n'en exige que 30 % : une proportion que presque personne d'autre ne pratique. Les poiriers sont des hautes tiges qui montent parfois à vingt mètres, et l'alambic à dix-huit plateaux, chauffé au bois, sort une eau-de-vie à 68-70 degrés que le fût de chêne assouplit ensuite pendant des décennies. La maison est la référence du Domfrontais, et la seule à aligner une telle série de millésimes.

Domaine Lemorton

Sélection goûtée

Choisie et validée par le caviste Trinquay.

Style & usage

Fin de repas · digestif · cadeau

Appellation

Calvados Domfrontais

Millésime

1989

LA FICHE

Caractéristiques

Degré

40.0% vol.

Contenance

70 cl

Appellation

Calvados Domfrontais

Millésime

1989

Âge

Embouteillage

Officiel

Région

Domfrontais, Orne

Pays

France