DISTILLERIE
Maison Monkai
Le mot rhum figure sur l'étiquette, mais la bouteille contient une liqueur. Voici la marque belge qui se cache derrière Monkai, ce que la réglementation européenne sépare entre un rhum et une liqueur de rhum, et comment déguster cette liqueur à la vanille et au caramel.
Le mot « rhum » figure sur l'étiquette, la bouteille se range souvent à côté des rhums, et pourtant ce que contient la bouteille Monkai n'est pas un rhum. C'est une liqueur, élaborée à partir de rhum, sucrée et marquée par la vanille et le caramel. La nuance n'a rien d'un détail : elle relève de la réglementation européenne, et elle change complètement la façon de choisir, de servir et de déguster.
Voici qui se cache derrière la marque Monkai, ce qui sépare une liqueur de rhum d'un rhum, comment cette liqueur est élaborée, et comment l'apprécier.
Maison Monkai
Monkai est une marque belge de liqueurs. Elle ne revendique ni distillerie ni plantation : c'est une marque, éditée par une société commerciale, qui propose un catalogue très court centré sur des liqueurs aromatiques et sucrées.
Ce positionnement la distingue nettement des producteurs de rhum présentés dans ce guide. Il ne s'agit pas ici d'un terroir de canne, d'un alambic ou d'un millésime, mais d'une recette de liqueur, construite sur une base de rhum et pensée pour être appréciée fraîche, seule ou en cocktail.
Une marque belge de liqueurs installée à Genk, dans le Limbourg
La marque est domiciliée à Genk, dans la province de Limbourg, au nord-est de la Belgique. C'est là, Regenbooglaan 7A, que se trouve le siège de la société qui l'édite.
La Belgique n'est pas un pays de canne à sucre, et Genk n'a rien d'une région de distillation de rhum. Ce n'est pas un paradoxe : une liqueur se compose à partir d'un spiritueux de base que l'on peut acheter ailleurs, puis s'élabore selon une recette propre. Le lieu qui compte, pour une marque de liqueur, est celui où la recette est conçue et commercialisée, pas celui où la canne a poussé.
Barchitect, la société qui édite les liqueurs Monkai
Monkai est éditée par la société Barchitect BVBA, installée à Genk. La forme BVBA correspond à une société privée à responsabilité limitée de droit belge.
La distribution européenne de la marque est assurée depuis Berlin par Direct Drinks Distribution, une division de Sélection Prestige GmbH. Une société conçoit et porte la marque, un distributeur spécialisé la fait connaître auprès des cavistes et des boutiques des différents pays européens.
Deux liqueurs au catalogue, l'une au rhum, l'autre à l'agave bleu
Le catalogue de Monkai se limite à deux références. La première est une liqueur à base de rhum, celle que nous proposons. La seconde est une liqueur à base d'agave bleu, la plante dont on tire la tequila.
Les deux bouteilles suivent la même logique : un spiritueux de base reconnaissable, rhum ou agave, transformé en liqueur par l'ajout de sucre et d'ingrédients aromatiques. Ni l'une ni l'autre ne revendique la dénomination du spiritueux dont elle part. La liqueur d'agave n'est pas une tequila, de même que la liqueur de rhum n'est pas un rhum.
La liqueur de rhum et le rhum dans la réglementation européenne
En Europe, les boissons spiritueuses sont définies par le règlement (UE) 2019/787, qui fixe pour chaque catégorie des règles de fabrication, de degré et de composition. Le rhum et la liqueur y relèvent de deux catégories distinctes, et c'est ce texte qui permet de dire avec précision ce qu'est la bouteille Monkai.
Le rhum, une eau-de-vie de canne sans arôme ajouté
Le rhum est une eau-de-vie obtenue par fermentation et distillation de produits de la canne à sucre, mélasse ou jus de canne. Le règlement lui impose un degré minimal de 37,5 % et interdit toute aromatisation : aucun arôme ne peut être ajouté à un rhum.
L'édulcoration est tolérée, mais strictement plafonnée : un rhum ne peut pas recevoir plus de 20 grammes de sucre par litre. Avant cette règle, certains rhums contenaient beaucoup plus de sucre ajouté, ce qui brouillait la frontière avec les liqueurs. Le plafond actuel la rend beaucoup plus nette.
L'interdiction d'aromatiser a une conséquence directe sur les rayons. Une boisson à base de rhum parfumée à la vanille, aux épices ou aux fruits ne relève plus de la catégorie rhum, puisque des arômes lui ont été ajoutés. Elle change de catégorie, et c'est exactement le cas de la bouteille Monkai, dont la vanille et le caramel signalent d'emblée qu'il ne s'agit plus d'une simple eau-de-vie de canne.
La matière première du rhum, elle, peut être la mélasse, résidu de la fabrication du sucre, ou le jus de canne frais. On parle alors de rhum traditionnel dans le premier cas et de rhum agricole dans le second. Cette distinction compte beaucoup pour l'amateur de rhum, beaucoup moins pour une liqueur, où le sucre et les ingrédients aromatiques prennent le dessus sur le caractère de la base.
La liqueur, une boisson sucrée et aromatisée à partir d'un spiritueux
La liqueur obéit à des règles inverses. Elle s'élabore à partir d'alcool d'origine agricole, d'un distillat ou d'une ou plusieurs boissons spiritueuses, puis elle est sucrée et complétée par des arômes, des produits d'origine agricole ou des denrées alimentaires.
Le règlement lui impose un degré minimal de 15 % et une teneur minimale en sucres de 100 grammes par litre, sauf quelques exceptions qui concernent des liqueurs de cerise ou de gentiane. Là où le rhum est plafonné à 20 grammes, la liqueur commence donc à 100 grammes. Ce seul chiffre suffit à séparer les deux catégories.
La catégorie des liqueurs est très large. Elle réunit des boissons à base de fruits, de plantes, de crème, de café ou de spiritueux, du triple sec aux liqueurs de plantes. La liqueur de rhum en est une famille parmi d'autres, définie par sa base : c'est le rhum qui donne son nom et une partie de son caractère à la boisson, le sucre et les ingrédients aromatiques faisant le reste.
La liqueur de rhum Monkai et son degré de 37,5 %
La liqueur de rhum Monkai titre 37,5 %, en bouteille de 70 cl. C'est un degré élevé pour une liqueur, bien au-dessus du minimum de 15 %, et il coïncide avec le degré minimal d'un rhum.
Cette coïncidence ne fait pas pour autant de Monkai un rhum. Ce qui range une boisson dans la catégorie des liqueurs, ce n'est pas son degré, mais le sucre et les ingrédients aromatiques qui lui ont été ajoutés. Une liqueur à 37,5 % reste une liqueur, de même qu'un rhum à 60 % reste un rhum.
Pour l'amateur, la conséquence est pratique. On ne compare pas cette bouteille à un rhum ambré ou à un rhum vieux, mais aux autres liqueurs à base de spiritueux, dont elle partage la douceur et la vocation.
Le degré est d'ailleurs l'un des repères les plus utiles pour comparer deux liqueurs. Il figure obligatoirement sur l'étiquette de toute boisson titrant plus de 1,2 %, et il conditionne à la fois la chaleur ressentie en bouche et la manière dont la liqueur supporte les glaçons. À 37,5 %, la liqueur Monkai garde du caractère même sur glace, là où une liqueur à 15 ou 20 % s'efface plus vite.
L'élaboration de la liqueur de rhum Monkai
La maison décrit une élaboration en deux temps. Dans le monde des liqueurs, la formule constitue l'essentiel du savoir-faire d'une marque.
Un rhum de canne à sucre laissé au repos
La première étape porte sur la base. La maison part d'un rhum issu de canne à sucre, qu'elle laisse d'abord reposer avant de l'employer. Ce temps de repos précède la phase aromatique.
La maison revendique un rhum de canne comme point de départ de sa liqueur.
La macération d'ingrédients naturels dans la base de rhum
La seconde étape est une macération d'ingrédients naturels dans cette base. La macération consiste à laisser des matières aromatiques infuser dans l'alcool pendant un certain temps, afin qu'il en extraie les composés aromatiques et la couleur.
Le sucre est nécessairement présent en quantité importante, puisque la catégorie des liqueurs l'exige : au moins 100 grammes par litre. C'est ce sucre, associé aux ingrédients macérés, qui donne à la liqueur sa texture ronde et sa douceur.
La mention vanille et caramel fudge sur l'étiquette de la liqueur
L'étiquette porte la mention Rum Liqueur, accompagnée de l'indication vanille et caramel fudge. Ces mots décrivent le registre aromatique de la liqueur, tel que la marque le présente au consommateur.
Ils ne constituent pas une liste d'ingrédients. Une mention aromatique dit ce que l'on perçoit au nez et en bouche, pas nécessairement ce que l'on a mis dans la cuve. C'est une distinction importante à garder en tête devant toutes les étiquettes de liqueur, où le vocabulaire gourmand sert d'abord à annoncer un profil.
La dégustation et le service de la liqueur Monkai
Une liqueur se déguste autrement qu'un rhum. Sa douceur et sa texture invitent à la servir plus fraîche, et à l'associer volontiers à un dessert ou à des glaçons.
La méthode reste celle de toute dégustation : un petit volume dans un verre adapté, un premier passage au nez avant de goûter, puis une gorgée modeste gardée quelques instants en bouche. Le sucre a tendance à masquer les nuances quand la liqueur est servie trop chaude, d'où l'intérêt d'un service frais pour lire correctement son profil.
Le nez de caramel, de vanille et de miel de la liqueur de rhum
Le nez s'ouvre sur le caramel et la vanille, conformément à la mention de l'étiquette. Il se prolonge sur des notes de miel et de fruits tropicaux, avec une pointe d'épices.
Le miel et les fruits tropicaux sont ici des sensations de dégustation, pas des ingrédients déclarés. Ils naissent de la rencontre entre la base de rhum, le sucre et les ingrédients macérés, et donnent au nez une dimension plus large que la seule association de la vanille et du caramel.
La bouche de la liqueur, ronde, entre fudge, vanille et fruits tropicaux
La bouche est pleine et ronde. On y retrouve la vanille, le fudge et les fruits tropicaux, avec une note de cacao qui apporte un peu de profondeur à l'ensemble.
La finale est douce et épicée. Le sucre donne la rondeur, le degré de 37,5 % apporte une chaleur que l'on ne trouve pas dans les liqueurs plus légères, et les épices de la finale évitent que la douceur ne devienne écœurante.
Servir une liqueur de rhum fraîche, sur glace ou en cocktail
La liqueur de rhum Monkai se sert fraîche. Elle peut se déguster seule, dans un petit verre à liqueur, ou sur quelques glaçons, qui atténuent légèrement la perception du sucre et de l'alcool.
Elle s'emploie aussi en cocktail, où elle apporte à la fois une base de rhum, de la douceur et des notes de vanille et de caramel. Sa richesse en sucre permet souvent de se passer de sirop dans une recette, ce qui simplifie l'équilibre du mélange.
Les accords de la liqueur avec les desserts au chocolat
Ses notes de vanille, de fudge et de cacao trouvent un écho naturel dans les desserts au chocolat. Une mousse, un fondant ou une tarte au chocolat prolongent le registre gourmand de la liqueur.
Le principe de l'accord est celui de la continuité : la liqueur reprend les arômes du dessert au lieu de les contraster. On veillera seulement à ne pas cumuler un dessert très sucré et une liqueur servie en grande quantité ; un petit verre suffit à accompagner une part de gâteau.
La même logique de continuité vaut pour les desserts à la vanille ou au caramel, qui reprennent la mention portée par l'étiquette. Une glace à la vanille, par exemple, prolonge le registre de la liqueur ; quelques gouttes versées dessus suffisent à l'aromatiser.
Questions fréquentes sur la maison Monkai
La liqueur Monkai est-elle un rhum ?
Non. C'est une liqueur élaborée à partir de rhum. Le règlement européen interdit d'aromatiser un rhum et plafonne son sucre à 20 grammes par litre, alors qu'une liqueur contient au moins 100 grammes de sucres par litre et peut recevoir des ingrédients aromatiques. Son degré de 37,5 % ne change rien à cette classification. La présence du mot « rhum » sur l'étiquette indique la base de la liqueur, pas sa catégorie.
D'où vient la marque de liqueurs Monkai ?
Monkai est une marque belge, éditée par la société Barchitect BVBA, installée à Genk dans la province de Limbourg. Sa distribution européenne est assurée depuis Berlin par Direct Drinks Distribution. La marque propose deux liqueurs, l'une à base de rhum, l'autre à base d'agave bleu.
Que contient une liqueur de rhum ?
Une liqueur de rhum associe une base de rhum, du sucre en quantité importante (au moins 100 grammes par litre, fixés par le règlement européen) et des ingrédients aromatiques ou des arômes. Dans le cas de Monkai, la maison décrit un rhum de canne laissé au repos puis une macération d'ingrédients naturels.
À quelle température servir une liqueur de rhum ?
Fraîche. On peut la servir seule après un passage au réfrigérateur, sur quelques glaçons, ou en cocktail. Le froid tempère la sensation de sucre et met en valeur les notes de vanille et de caramel.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Ce qu'on nous demande sur cette distillerie
Par quelle bouteille commencer ?
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Une bouteille ouverte se garde combien de temps ?
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Peut-on panacher plusieurs bouteilles dans un colis ?
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.


