Grand Cru mythique signé Faiveley, ce Clos de Vougeot 2020 conjugue la séduction florale du pinot et une structure racée : un grand bourgogne de très longue ...
RECETTE
La biche, reine de la venaison, mérite une sauce à sa hauteur. Cette recette de filet de biche sauce poivrade marie la chair fine du gibier à une sauce grand veneur au poivre, aux baies de genièvre et à la gelée de groseilles : longue à construire, inoubliable à déguster. Servie avec une purée de marrons et un grand Bourgogne rouge, elle transforme n'importe quel repas en table de fête. Retrouvez tous les ingrédients, les étapes de marinade et l'accord mets-vin idéal pour réussir ce plat classique de la cuisine de gibier.
La biche tient une place à part dans l'univers de la venaison. Sa chair, plus fine que celle du sanglier ou du cuissot de cerf, se distingue par sa tendreté naturelle et ses arômes discrets : moins prononcés que le chevreuil, jamais rustiques. Le filet de biche, découpé le long de l'échine, est la pièce la plus noble de l'animal : quelques centimètres de muscle pur, sans graisse ni nerf, qui supporte aussi bien une cuisson rosée express qu'une préparation mijotée en sauce.
Ce plat s'inscrit dans la tradition des grandes tables d'automne, celles qui honorent la saison de la chasse avec des viandes de gibier en sauce. Il fait partie des recettes de fête que l'on ressort pour les réveillons et les dîners de fin d'année.
La poivrade appartient à la famille des sauces brunes de grand veneur. Sa base (une marinade réduite au vin rouge, aux carottes, aux oignons, au céleri et à un bouquet garni) est montée avec un fond de veau, du vinaigre de vin et des grains de poivre noir concassés. Les baies de genièvre, ajoutées en milieu de cuisson, apportent une touche résinée et giboyeuse qui prolonge naturellement les arômes de la venaison.
En fin de cuisson, une cuillerée de gelée de groseilles adoucit l'amertume du poivre et équilibre la sauce avec une note fruitée remarquable. Une cuillère de crème fraîche épaisse lie le tout en une texture veloutée. C'est cette construction en plusieurs temps (réduire, filtrer, monter) qui donne à la sauce poivrade sa profondeur caractéristique.
Même sur le filet, pièce la plus tendre du gibier, la marinade reste conseillée. Un bain de 12 à 24 heures dans un vin rouge avec carottes, échalotes, ail, céleri, laurier, thym et clous de girofle infuse la chair d'arômes forestiers et assouplit les fibres. Ne jetez jamais la marinade : filtrée et réduite, elle devient la base de la sauce poivrade et concentre toute la garniture aromatique du trempage.
Grand Cru mythique signé Faiveley, ce Clos de Vougeot 2020 conjugue la séduction florale du pinot et une structure racée : un grand bourgogne de très longue ...
La sauce poivrade appelle une garniture douce qui l'absorbe sans lui faire d'ombre. La purée de marrons est l'accompagnement classique : veloutée, légèrement sucrée, elle tempère le mordant du poivre. La purée de céleri rave ou un gratin de pommes de terre fonctionnent tout aussi bien.
Découpez le filet en tranches nettes de 1,5 à 2 cm. Posez-les en éventail au centre de l'assiette chaude, nappez de sauce poivrade brillante et disposez une cuillère de purée de marrons sur le côté. Un trait de gelée de groseilles posé sur la viande apporte une touche colorée et fruitée qui annonce l'accord vin. Ce plat peut se préparer en avance (la sauce la veille, la viande marinée 24 heures) ce qui en fait un atout pour les grandes tablées.
Veillez à ne pas surcuire la biche : au-delà de 58-60 °C à cœur, la venaison devient sèche. Le repos après cuisson est indispensable : 5 minutes sous papier aluminium permettent aux jus de se redistribuer et garantissent une viande fondante jusqu'à la dernière tranche.
Face à l'intensité de la sauce poivrade et à la finesse de la venaison, il faut un vin rouge puissant et élégant, capable de tenir tête au poivre et aux baies de genièvre. Le Domaine Faiveley propose en AOC Clos-de-Vougeot Grand Cru un Pinot Noir de Bourgogne au profil profond, structuré et racé qui répond à cette exigence avec une autorité naturelle. Le millésime 2020, réputé pour sa générosité en Bourgogne, développe des arômes intenses de cerise noire et de fruits des bois qui dialoguent avec la gelée de groseilles et les baies de genièvre de la sauce.
Ses tanins mûrs et soyeux enveloppent la chair de biche sans l'écraser, tandis que sa matière concentrée tient tête à la richesse de la sauce grand veneur. Servez ce grand Bourgogne rouge à 16-17 °C, idéalement carafé 30 à 45 minutes avant le repas pour laisser le vin s'ouvrir pleinement. Un accord gibier-Bourgogne de haute tenue, taillé pour les grandes occasions.
Pour enrichir la sauce poivrade, remplacez la gelée de groseilles par des myrtilles fraîches ou une gelée de groseille rouge maison. Une touche de porto au déglaçage renforcera la profondeur de la sauce. Si vous souhaitez un liant plus prononcé, une pointe de maïzena délayée dans un fond d'eau froide épaissit la sauce en quelques minutes à feu doux. Pour les grandes tablées, ce plat de gibier peut être précédé d'une terrine et suivi d'un dessert aux figues : une composition automnale qui régale et honore la tradition de la venaison.
Trois bouteilles pour cette recette
Notre choixDomaine Faiveley · 2020AOC Clos de Vougeot Grand Cru
Maison Roche de Bellene · 2021AOC Clos de Vougeot Grand Cru
Domaine Mongeard-Mugneret · 2021AOC Clos de Vougeot Grand Cru
QUESTIONS
Un vin buvable, oui, un grand vin non : la cuisson efface la finesse et concentre le reste, donc une bouteille fatiguée se retrouve telle quelle dans l'assiette. Une bouteille de 8 à 12 € que vous boiriez volontiers fait exactement le travail.
Oui, en gardant la couleur et le profil : un blanc sec se remplace par un autre blanc sec, jamais par un moelleux qui sucrerait la sauce. Le rosé passe partout où un blanc est prévu. Sans alcool, un bouillon relevé d'un trait de vinaigre approche le résultat sans le tenir tout à fait.
Rebouchée et au frais, elle tient trois jours en blanc, quatre à cinq en rouge. Au-delà, elle passe en cuisine plutôt qu'au verre. Elle se congèle aussi en bac à glaçons pour les déglaçages : c'est la seule façon de ne rien jeter.
Celui qui est en carte dans l'article : on met une bouteille en stock qui va au plat, pas une référence choisie au hasard du catalogue. Si elle ne vous convient pas, le lien de collection ouvre les autres bouteilles du même rayon.