Découvrez la Hooty Beans des Intenables, un Imperial Coffee Stout alsacien à la robe noire opaque, où le chocolat des malts torréfiés rencontre une infusion ...
DISTILLERIE
Trois brasseurs alsaciens, un atelier à Rosheim et un flux de brassins qui ne repassent presque jamais à l'identique. Voici comment Les Intenables sont devenus, en cinq ans, la brasserie la mieux représentée de notre cave.
Trois brasseurs, une microbrasserie alsacienne et un rythme de sortie que peu de maisons françaises tiennent. Les Intenables brassent à Rosheim des bières artisanales qui ne repassent presque jamais à l'identique, et Trinquay en propose aujourd'hui soixante-neuf références.
L'histoire commence avec trois passionnés de bière, Jérôme, Alice et Julien, réunis autour d'une occasion à saisir : reprendre un outil de brassage disponible à Mundolsheim, aux portes de Strasbourg. Le nom au pluriel dit déjà l'esprit de la maison.
Jérôme tient le rôle de brasseur principal et passe l'essentiel de son temps sur la production. Alice pilote l'exploitation et le développement. Autour d'eux, la brasserie emploie aujourd'hui une dizaine de personnes, entre brassage, administration, événements et vente.
Les premiers brassins sortent en février 2020, quelques semaines avant le premier confinement. Les fûts partent en mars, puis les bars ferment. Plutôt que d'arrêter, les trois associés basculent sur la canette et la vente directe.
En 2022, la brasserie quitte Mundolsheim pour des locaux nettement plus grands à Rosheim, au pied du Mont Sainte-Odile. Le nouvel atelier est inauguré au mois de juin, et c'est là que se brassent aujourd'hui toutes les bières de la maison.
En quelques années, Les Intenables sont passés du statut de jeune microbrasserie à celui de valeur sûre de la scène brassicole française. La production atteint 2 200 hectolitres en 2023, un volume solide pour une brasserie artisanale de cette taille.
Faute de taproom sur le site de production, la maison se fait connaître par les festivals et les salons, du Décibulles à son propre Open Air Festival d'Obernai en septembre. Elle a par ailleurs ouvert un brewpub, le Stamm, dans l'ancienne brasserie de Mutzig, qui possède sa gamme et sa page dédiées chez Trinquay.
Découvrez la Hooty Beans des Intenables, un Imperial Coffee Stout alsacien à la robe noire opaque, où le chocolat des malts torréfiés rencontre une infusion ...
Une brasserie ne se raconte pas seulement par son histoire. Elle se comprend par ses gestes : la céréale, l'eau, le houblon, la levure, et le temps accordé à chacun.
Tout brassin commence par la céréale. L'orge brassicole, maltée puis concassée, libère les sucres qui deviendront alcool ; le blé et l'avoine, très présents dans les recettes houblonnées de la maison, apportent le trouble et la rondeur qui font la texture des NEIPA.
À Rosheim, le malt rejoint le concasseur par une vis sans fin, sans manutention de sacs. Ce détail d'atelier dit beaucoup de la façon dont la brasserie a pensé son outil. L'empâtage puis l'ébullition donnent ensuite le moût, base sucrée que la levure transformera.
C'est le houblon qui signe la plupart des bières des Intenables. Les variétés américaines dominent : Citra et ses agrumes, Strata et son fruit de la passion, El Dorado et sa poire, BRU-1 et son ananas, complétées par l'australien Krush et le néo-zélandais Nelson Sauvin.
Le houblonnage à cru, ajouté après fermentation, extrait les arômes sans monter l'amertume : voilà pourquoi une bière aussi chargée que la Tropical Therapy reste douce en bouche. La Bitter Trail empile quant à elle quatre houblons, Centennial, Idaho 7, Krush et Chinook, pour un profil bien plus résineux.
La quasi-totalité des bières de la maison est conduite en fermentation haute, celle des ales, à température plus élevée et sur des levures qui produisent des esters fruités. La Cosmic Series travaille par exemple sur une levure East Coast Ale, choisie pour souligner le houblon plutôt que pour s'imposer.
La fermentation basse n'est pas absente pour autant : la Darker Flower, un Baltic Porter, emprunte à l'école lager sa fermentation lente et froide. Ce grand écart entre ale expressive et lager patiente résume assez bien la manière des Intenables.
L'atelier aligne quatre fermenteurs de 25 hectolitres et huit de 50 hectolitres, tous accessibles par des plateformes de service. Cette capacité permet de faire tourner en parallèle une gamme permanente et un flux continu de séries houblonnées.
La brasserie conditionne ensuite en canette et en fût, avec mise en palette directe. Elle fait aussi vieillir de la bière dans une barrique de vin de cinquante-cinq ans, conduite en solera, ce qui la range du côté des maisons qui savent attendre autant que brasser vite.
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Soixante-neuf références de la brasserie sont aujourd'hui à la cave, soit près de cinq mille unités. Voici comment s'organise cette gamme, qui couvre presque tout le spectre de la bière artisanale moderne.
La New England IPA reste le terrain de jeu principal de la maison. Robe dorée voilée, amertume douce, nez d'agrumes et de fruits tropicaux : la Tropical Therapy à 6,4 %, la Funky Flow et la Neon City à 6,5 %, la Hakana Matata à 6,2 % en donnent quatre lectures voisines et pourtant distinctes.
Ces bières ne se gardent pas. Le houblonnage à cru s'estompe en quelques mois, et c'est précisément ce qui justifie le rythme de production de la brasserie : sortir souvent, vendre frais.
La Cosmic Series est l'exercice le plus pédagogique du catalogue. Une même base de Double NEIPA à 8 %, houblonnée en simple variété, déclinée autant de fois qu'il y a de houblons à comprendre.
Trinquay en propose quatre : BRU-1, ananas et fruit de la passion ; Citra, agrumes et pamplemousse ; Krush, fruits à noyau et agrumes doux ; El Dorado, poire et pastèque. Les boire côte à côte est le meilleur cours de dégustation qu'on puisse s'offrir sur le houblon.
À l'opposé du trouble et du velouté, la maison brasse aussi des IPA de la côte ouest, limpides et amères. La Gangsta Legend, West Coast IPA à 7 %, assume une amertume franche ; la Tarot Garden, en Double IPA, pousse le curseur jusqu'à l'intense.
Plus légère, la Techno Drift est une Juicy Pale Ale à 5,4 % houblonnée au BRU-1 Cryo et à l'Eclipse. C'est la bière de soif de la gamme, celle qu'on ouvre sans y réfléchir.
Les malts torréfiés donnent l'autre visage de la brasserie. La Boa, Imperial Stout à 12,6 %, et la Purple Prophet à 11,5 % jouent le café, le chocolat noir et le caramel brûlé, dans des robes parfaitement opaques.
La Darker Flower, Baltic Porter, occupe un registre plus rond et plus doux. Ces bières noires supportent la garde bien mieux que les houblonnées et gagnent souvent à être ouvertes un an ou deux après leur brassin.
Le reste de la gamme échappe aux cases. La Blueberry Tango est une gose à 4,5 %, bière acidulée et saline d'origine allemande, ici tirée vers la myrtille ; la Cuvées 31 Saison Perpétuelle reprend la saison, cette bière de ferme franco-belge à fermentation haute.
Trois autres Cuvées 31 portent des noms de marcs alsaciens, Muscat, Pinot Noir et Riesling, et rappellent que la brasserie est installée au milieu du vignoble. Les White IPA Mama Whipa et Double Mama Whipa, blanches et brassées au blé, complètent ce versant plus curieux du catalogue.
Situer une brasserie, c'est aussi la situer parmi les autres. Les grandes traditions brassicoles européennes n'ont ni les mêmes levures, ni les mêmes malts, ni le même rapport au temps que la craft beer alsacienne.
La Belgique demeure la référence historique du continent. Les bières trappistes, brassées dans l'enceinte de quelques abbayes seulement, et les bières d'abbaye qui en reprennent le nom sous licence ont imposé les triples, les quadruples et des fermentations hautes très expressives.
Les Intenables ne se réclament pas de cette école : leur triple mise à part, la maison regarde plutôt vers l'Amérique du Nord. L'héritage belge reste pourtant partout dans le vocabulaire de la bière artisanale française, de la refermentation en bouteille jusqu'à la notion même de brassin unique.
L'Allemagne et la Bohême ont bâti leur réputation sur la fermentation basse et sur la lager. La pils née à Plzeň, la bière bavaroise de Munich, les tablées de l'Oktoberfest : tout un pan de la culture brassicole repose sur des bières filtrées, blondes et désaltérantes.
Cette école n'est pas étrangère aux Intenables. Le Baltic Porter Darker Flower lui emprunte sa fermentation basse, et l'Alsace elle-même, terre de houblon et de malterie, appartient historiquement à ce monde-là.
Avant les brasseurs américains, ce sont les Anglais qui ont inventé la pale ale puis l'India Pale Ale, et les Irlandais qui ont donné à la stout sa forme définitive, sèche et torréfiée. Les bitters anglaises, tirées à la pompe et peu carbonatées, restent un modèle de buvabilité.
Les Imperial Stout de la maison, Boa et Purple Prophet, descendent en droite ligne de ces bières noires, mais dans une version moderne : plus alcooleuse, plus dense, pensée pour le partage plutôt que pour la pinte.
Reste la branche la plus singulière, celle des bières à fermentation spontanée brassées autour de Bruxelles. Le lambic vieillit en foudre, la gueuze naît de l'assemblage de plusieurs millésimes, la kriek de l'ajout de cerises.
Rien de tel chez Les Intenables, dont les levures sont ensemencées et maîtrisées. Mais la barrique de vin de cinquante-cinq ans qu'ils conduisent en solera trahit un intérêt réel pour le temps long et pour le bois, deux notions que ces bières belges ont portées avant tout le monde.
Une bière artisanale se sabote en trois secondes : trop froide, dans le mauvais verre, ou ouverte trop tard. Quelques repères suffisent à éviter les trois.
Une NEIPA se sert entre 6 et 8 °C, jamais glacée : le froid excessif ferme les arômes d'agrumes que le houblonnage à cru a mis des semaines à installer. Les Imperial Stout demandent davantage, autour de 10 à 12 °C, pour libérer le café et le chocolat.
Le verre compte autant que la température. Un verre resserré au col concentre le nez et convient aux bières les plus aromatiques ; une pinte droite ira mieux aux bières de soif comme la Techno Drift.
L'amertume et la carbonatation d'une IPA nettoient le gras : elle tient tête à une flammekueche, à un burger ou à un munster jeune. Les West Coast IPA comme la Gangsta Legend accompagnent volontiers les plats épicés, où leur résine répond au piment.
Les bières noires vont plutôt vers la fin du repas. Un stout impérial à plus de 11 % se marie au chocolat noir, aux fromages persillés et aux desserts au café, servi dans des verres de faible contenance.
La canette de 44 cl, format de la quasi-totalité de nos références de la maison, est le meilleur contenant qui soit pour une bière houblonnée : parfaitement opaque, elle bloque la lumière et laisse passer très peu d'oxygène.
Reste à la garder au frais et debout, et surtout à la boire vite. Une NEIPA se juge dans les trois mois qui suivent son brassin ; passé ce délai, les fruits tropicaux cèdent la place à des notes plus végétales.
Soixante-neuf références de la brasserie figurent chez Trinquay, ce qui en fait de très loin la maison la mieux représentée de notre rayon bière. La collection qui lui est consacrée les rassemble toutes, des NEIPA aux stouts en passant par la Cosmic Series.
Elles côtoient nos autres collections brassicoles, bières IPA, bières blondes, bières blanches, bières brunes et stouts, ainsi que la sélection du brewpub Stamm à Mutzig. De quoi composer un panier qui balaie tout le spectre de la bière artisanale.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.