Sec, aromatique et végétal, l'eau-de-vie Distillerie Metté Fleur de Houblon séduit par sa richesse aromatique et sa longueur en bouche.
DISTILLERIE
À Ribeauvillé, la Distillerie Metté distille depuis 1962 une collection unique d'eaux-de-vie de fruits, de fleurs et d'épices, de marcs d'Alsace et de liqueurs. Portrait d'une maison artisanale devenue une référence de la finesse alsacienne.
Il existe en Alsace des maisons dont le nom seul suffit à évoquer la finesse d'une eau-de-vie servie en fin de repas. La Distillerie Metté, nichée au cœur de Ribeauvillé, en fait partie : une distillerie artisanale qui a fait de la patience et du cuivre les instruments d'un art rare.
Fondée en 1962, la Distillerie Metté est une maison familiale entièrement dédiée à la distillation artisanale. En plus d'un demi-siècle, elle s'est imposée comme l'une des références de l'eau-de-vie alsacienne, avec une collection qui compte aujourd'hui près de quatre-vingt-dix eaux-de-vie et une trentaine de liqueurs. Sa marque de fabrique tient en un mot : la quintessence, cette recherche de la pureté aromatique qui distingue une grande eau-de-vie d'une simple gnôle.
Tout commence avec un jeune Alsacien de quinze ans, saisi par la magie des alambics de cuivre chez un distillateur voisin. Jean-Paul Metté attrape là une passion qui ne le quittera plus. Quelques années plus tard, il ouvre sa propre distillerie et se fixe une règle qu'il ne trahira jamais : rester petit pour rester exigeant. Célibataire toute sa vie, entièrement voué à son métier, il distille d'abord les grands classiques alsaciens (mirabelle, kirsch, marc de gewurztraminer) avant de s'aventurer très vite vers des créations plus audacieuses, comme la framboise sauvage ou la fraise des bois. Cette liberté de ton fera sa renommée bien au-delà des frontières.
La maison est ancrée à Ribeauvillé, village viticole de la Route des Vins d'Alsace, au pied des collines couvertes de riesling et de gewurztraminer. Ce terroir n'est pas anodin pour un distillateur : l'Alsace est historiquement la terre des bouilleurs de cru et des vergers, où poussent quetsches, mirabelles, poires et cerises qui nourrissent l'alambic. C'est aussi ce qui relie naturellement la distillation au vignoble, puisque le marc, le résidu de la vinification, devient ici une eau-de-vie noble. Metté puise dans cet environnement de fruits, de baies et de plantes sa matière première.
En 1985, Jean-Paul Metté initie son filleul, Philippe Traber, aux secrets du fruit, du feu et du cuivre, faisant de lui son héritier spirituel. En 1997, pour raisons de santé, il lui confie la distillerie, désormais menée par Philippe et son épouse Nathalie. Le couple perpétue avec fidélité la philosophie du fondateur : des produits faits avec patience, sans concession sur la qualité. Aujourd'hui, la relève est assurée par Timothée et Mathieu, respectivement fils et neveu de Philippe, garantissant la continuité d'un savoir-faire transmis de main en main.
Sec, aromatique et végétal, l'eau-de-vie Distillerie Metté Fleur de Houblon séduit par sa richesse aromatique et sa longueur en bouche.
La force de Metté, c'est l'étendue de sa collection. Là où bien des distilleries se contentent d'une poignée de références, la maison de Ribeauvillé propose un véritable cabinet de curiosités du goût, du plus classique au plus inattendu. Chez Trinquay, on retrouve un large éventail de cette production, réparti entre eaux-de-vie de fruits, spécialités végétales, marcs et liqueurs.
C'est le socle historique de la distillerie. Fraise des bois, mûre sauvage, framboise, mandarine, ananas : chaque fruit est distillé pour livrer une eau-de-vie limpide, sèche, où l'arôme domine sans jamais de sucre ajouté. Les baies et les fruits les plus fragiles demandent une attention extrême, car il faut parfois plusieurs kilos de fruit pour une seule bouteille. Le résultat est une signature aromatique d'une pureté rare, qui a valu à Metté sa réputation d'orfèvre.
C'est ici que la maison se distingue vraiment. Jean-Paul Metté, puis les Traber, ont fait de l'audace une spécialité : poivre de Sichuan, gingembre, aspérule odorante (la fameuse reine des bois), fleur de houblon, gentiane, thym, romarin, basilic, cacao, noisette ou encore fleur de pissenlit et bouillon blanc. Fruit, baie, racine, fleur, bourgeon, épice : tout devient matière à distiller. Ces eaux-de-vie atypiques, uniques en France par leur diversité, transforment la dégustation en exploration et surprennent l'amateur le plus averti.
Fidèle à son terroir viticole, Metté distille aussi le marc, cette eau-de-vie née des peaux et pépins de raisin pressés. Le Marc de Gewurztraminer et le Marc de Pinot Noir en sont les fleurons, aux côtés de la Fine d'Alsace, plus ronde. La maison décline enfin une gamme de liqueurs (framboise, orange, melon, ananas, cacao, gingembre, menthe) plus douces et gourmandes, où le sucre vient prolonger le fruit. Entre l'eau-de-vie sèche et la liqueur onctueuse, la distillerie couvre tout le spectre des plaisirs de fin de repas.
Metté · Aspérule Odorante (Reine des Bois)Eau-de-vie
Metté · Bouillon Blanc (Fleur de Molène)Eau-de-vie
Metté · NoisetteEau-de-vie
Metté · RomarinEau-de-vie
Metté · ThymEau-de-vie
Metté · MandarineEau-de-vie
Metté · Mûre SauvageEau-de-vie
Metté · GingembreEau-de-vie
Metté · Feuille de MentheEau-de-vie
Metté · CacaoEau-de-vie
Metté · Poivre de SichuanEau-de-vie
Metté · Fleur de HoublonEau-de-vie
Metté · OrangeEau-de-vie
Metté · AnanasEau-de-vie
Metté · AilEau-de-vie
Metté · Fine d'AlsaceEau-de-viePort offert dès 100 € en point relais hors Corse. Voir toute la collection Eau-de-vie Metté.
Derrière chaque bouteille se cache une méthode artisanale exigeante, où rien n'est laissé au hasard. La distillerie n'ajoute ni sucre ni levure aux processus naturels : tout repose sur le fruit, le temps et le feu. C'est cette rigueur qui explique la finesse constante des eaux-de-vie Metté.
Les fruits naturellement sucrés (quetsche, mirabelle, poire, cerise, baies) sont mis à fermenter dans des fûts pendant six à huit semaines. Durant cette étape, les sucres se transforment en alcool sous l'action des levures indigènes, sans le moindre additif. La qualité de la matière première est ici décisive : seuls des fruits rigoureusement sélectionnés, à parfaite maturité, entrent dans le processus.
Pour les végétaux dépourvus de sucre (fleurs, plantes, épices, racines) la fermentation est impossible. La distillerie recourt alors à la macération : les aromates sont infusés dans une eau-de-vie de vin neutre, qui se charge de leurs parfums avant d'être redistillée. C'est cette technique qui permet à Metté de saisir l'arôme d'un poivre de Sichuan ou d'une fleur de houblon avec autant de précision.
Vient enfin le cœur du métier. Les moûts et macérations passent dans de petits alambics traditionnels en cuivre, chauffés doucement. La double distillation permet de séparer les têtes et les queues pour ne conserver que le cœur de chauffe, la fraction la plus pure et la plus aromatique. Ce travail à petite échelle, impossible sur des colonnes industrielles, est la raison même de la finesse recherchée par la maison : chaque distillat est surveillé comme un orfèvre surveille son ouvrage.
Pour bien situer le travail de Metté, il faut le replacer dans le grand paysage des spiritueux. Car l'eau-de-vie de fruit, le marc et la liqueur ne se dégustent ni ne se conçoivent comme un whisky, un rhum ou un gin, et c'est précisément ce qui fait leur singularité.
Le whisky naît de céréales, le rhum de la canne à sucre, et tous deux tirent l'essentiel de leur caractère d'un long vieillissement en fût de chêne, qui leur donne couleur, tanins et notes boisées. L'eau-de-vie de fruits Metté suit la voie inverse : distillée puis reposée en récipient neutre, elle reste blanche et cristalline pour préserver l'arôme du fruit intact. Là où le single malt écossais ou le bourbon américain cherchent la puissance du bois, l'eau-de-vie alsacienne vise la transparence absolue du fruit. Deux philosophies opposées du spiritueux, également nobles.
Le marc de Metté appartient à la grande famille des eaux-de-vie de vin. Son cousin le plus proche est la grappa italienne, elle aussi distillée à partir des marcs de raisin pressés. Le cognac et l'armagnac, eux, procèdent de la distillation du vin lui-même, avant un élevage prolongé sous chêne. Le marc alsacien conserve une identité plus fruitée et végétale, reflet direct du cépage, gewurztraminer ou pinot noir, dont il est issu. Il illustre le lien intime, propre à l'Alsace, entre le vignoble et l'alambic.
Enfin, les liqueurs Metté rejoignent l'univers des grands spiritueux à base de plantes et de fruits. Comme le génépi des Alpes, la chartreuse des moines ou la gentiane, elles jouent la carte de la macération d'aromates ; mais là où le vermouth ou l'amaro visent l'amertume de l'apéritif, la maison privilégie la gourmandise du dessert. Entre une liqueur de framboise onctueuse et une eau-de-vie de mûre tranchante, Metté offre les deux extrêmes d'un même savoir-faire de distillateur.
Quatre bouteilles portant le nom de Metté ne viennent pas d'Alsace. Elles sont distillées à l'autre bout du monde, dans le sud du Japon, chez un producteur de shochu avec lequel la maison de Ribeauvillé a noué une véritable amitié de distillateurs. Deux maisons bien distinctes, donc, et un savoir-faire partagé : voilà l'histoire de ces gins, l'aventure la plus inattendue de la distillerie alsacienne.
Tout commence en 2005. Munehiro Sata, qui dirige la maison japonaise Sata Souji Shoten, rencontre Philippe Traber, alors à la tête de la distillerie Jean-Paul Metté. Les Japonais feront le voyage jusqu'à Ribeauvillé un grand nombre de fois pour apprendre à distiller une eau-de-vie de classe mondiale, et le distillateur alsacien leur transmettra ses techniques, ses connaissances et sa philosophie sans rien leur cacher. La maison de Kagoshima l'écrit aujourd'hui sur son propre site : cette rencontre est devenue la base de tout ce qu'elle produit, et elle en remercie celui qu'elle appelle son meilleur ami alsacien. De cette amitié est née une gamme de gins pensée à quatre mains, la série Gin Heart, dont la première cuvée est sortie en avril 2018 en deux cent cinquante bouteilles seulement.
La maison japonaise n'est pas une distillerie de gin. Fondée en 1908 et installée à Ei, dans la ville de Minami-Kyushu au sud de Kagoshima, c'est d'abord une vieille maison de shochu de patate douce, l'alcool traditionnel de la région, qu'elle décline sous les noms de Kakutama, Seikou Udoku ou Bunise. En 2006, elle s'est dotée d'un second atelier baptisé Akayane, littéralement le toit rouge, dont le bâtiment principal est couvert de tuiles rouges alsaciennes. Neuf alambics y cohabitent, à chauffe directe comme à chauffe indirecte, parmi lesquels un alambic charentais et un hybride allemand commandé sur mesure en 2008. Le terroir fait le reste : la région est la première du Japon pour la patate douce et le thé vert, sur un plateau volcanique drainant et une eau souterraine très minérale.
Les quatre gins de la série partagent la même base, un shochu de patate douce dans lequel macèrent les baies de genièvre, et le même degré, 46. Tout le reste change avec la saison. Haru, le printemps, assemble fleur et feuille de cerisier, yuzu, thé vert matcha, poivre sansho et algue kombu, floral et fruité, à servir en gin tonic avec des pétales de cerisier. Natsu, l'été, joue le végétal frais du shiso, du concombre, de la prune umé, du thé vert et du kombu, plus tranchant encore sur un glaçon. Aki, l'automne, est le plus surprenant : les champignons shimeji et maïtake apportent l'umami, la patate douce et la vanille la douceur, le kabosu la fraîcheur, et le producteur conseille de le boire chaud, allongé d'eau, avec un shiitaké séché. Snow, l'hiver, rassemble enfin les agrumes de Kagoshima, komikan de Sakurajima, tankan, kumquat et yuzu, relevés d'un trait de fruit de la passion, en soda wari ou en cocktail Orange Blossom.
Une eau-de-vie de cette finesse mérite d'être servie avec quelques égards. Bien menée, la dégustation révèle toute la précision aromatique du travail de la distillerie.
En fin de repas, l'eau-de-vie de fruit se sert fraîche mais non glacée, autour de dix à douze degrés, dans un petit verre tulipe qui concentre les arômes. Trop froide, elle se ferme ; trop chaude, l'alcool prend le dessus. Quelques minutes suffisent pour que la fraise des bois, la framboise ou la quetsche libèrent leur bouquet. Les marcs et la Fine d'Alsace, plus charpentés, s'apprécient à température ambiante, comme un cognac.
Au-delà du digestif, ces distillats trouvent leur place en cuisine : un trait d'eau-de-vie de framboise sur une salade de fruits rouges, un flambage à la mirabelle, ou une liqueur de cacao nappant un dessert. Les créations les plus originales (poivre de Sichuan, gingembre, houblon) inspirent aussi les barmen en quête d'un cocktail signature, apportant une note aromatique introuvable ailleurs. La maison propose même un coffret de dégustation pour découvrir cette diversité en petites contenances.
Contrairement au vin, une eau-de-vie n'évolue plus une fois en bouteille : à l'abri de la lumière et debout, elle se garde des années sans faiblir. C'est ce qui en fait un cadeau idéal, aussi durable que raffiné. Offrir une bouteille Metté, c'est offrir un morceau de l'artisanat alsacien, et, chez Trinquay, l'occasion d'explorer l'une des collections d'eaux-de-vie les plus singulières de France.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.